Face à la hausse alarmante des refus de visas canadiens frappant des jeunes Camerounais, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a reçu en audience ce mercredi 29 avril 2026 la Haute-Commissaire du Canada, S.E. Marie-Claude Harvey. L’objet des discussions : sortir de l’impasse migratoire par un virage stratégique inédit, centré sur la formation qualifiante sur le sol camerounais.

Le constat est sans appel. Ces dernières années, les demandes de visas pour le Canada ont explosé, tout comme les refus – souvent motivés par des fraudes documentaires importantes et un décalage croissant entre les profils des candidats et les besoins réels du marché du travail canadien. Devant cette impasse coûteuse pour les deux parties, Yaoundé et Ottawa ont choisi d’agir à la racine.

Le nouveau paradigme, acté lors de cette rencontre, se résume en une formule : « Former d’abord, migrer ensuite ». Concrètement, le Canada s’engage à orienter une partie de sa coopération technique vers le renforcement des compétences locales, en amont de tout projet de départ. L’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSPY) a été désignée comme pivot central de ce dispositif. Elle délivrera des certifications reconnues des deux côtés de l’Atlantique, garantissant aux jeunes Camerounais une employabilité immédiate, que ce soit au Cameroun ou dans le cadre d’une migration professionnelle ultérieure et maîtrisée.

« Il ne s’agit plus de laisser nos jeunes s’aventurer seuls vers l’inconnu, avec des dossiers parfois montés à la hâte, voire falsifiés. Nous leur donnons désormais une longueur d’avance : une formation d’excellence ici, chez eux, qui sera leur meilleur passeport », a martelé Luc Magloire Mbarga Atangana. La Haute-Commissaire a salué « une approche gagnant-gagnant », permettant de lutter efficacement contre la fraude documentaire tout en répondant aux pénuries de main-d’œuvre qualifiée au Canada.

Autre avancée majeure : la volonté commune de freiner la « fuite des cerveaux » brute. En privilégiant le renforcement des capacités locales, le Canada investit dans l’écosystème camerounais, permettant à de nombreux talents de contribuer d’abord au développement national. La migration devient alors non pas une rupture, mais une extension ordonnée d’un parcours d’excellence.

Ce partenariat s’inscrit en droite ligne de la vision du Chef de l’État, Paul Biya : « Un jeune, une formation ». Pour le ministre Mbarga Atangana, il s’agit d’une illustration concrète du « Made in Cameroon » comme socle d’une mobilité professionnelle choisie, et non subie. En marge des discussions, la partie canadienne a également félicité le Cameroun pour son succès diplomatique lors de la 14e Conférence ministérielle (CM14) de l’OMC, preuve de la montée en puissance du pays sur la scène internationale.

Les premiers modules pilotes à l’ENSPY sont attendus pour la rentrée prochaine, avec un objectif : faire en sorte que le visa ne soit plus une loterie, mais la juste récompense d’une compétence certifiée.

Emmanuel Ekouli

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