C’est désormais officiel. Zinedine Zidane succédera à Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France à compter du 1er septembre 2026. La Fédération française de football (FFF) a confirmé l’information ce vendredi, mettant fin à des mois de spéculations et consacrant l’un des plus grands noms du football mondial à la fonction suprême du football tricolore.
Après quatorze années passées sur le banc des Bleus, l’ère Didier Deschamps s’achève. Arrivé en 2012, le capitaine de la génération 1998 avait redressé une équipe en crise pour la mener au sommet : finale de l’Euro 2016, titre mondial en Russie en 2018, finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar, sans oublier le sacre en Ligue des Nations 2021. Un bilan exceptionnel, jalonné de 89 victoires en 145 matches, qui lui confère une stature d’entraîneur légendaire. Pourtant, l’aventure s’achève sur une demi-finale décevante de l’Euro 2024 et une élimination en quarts du Mondial 2026, signes d’un cycle qui s’essoufflait.
Dès l’annonce du départ de « DD », un nom s’est imposé avec une évidence quasi unanime : celui de Zinedine Zidane. À 54 ans, l’ancien numéro 10 des Bleus, champion du monde 1998 et Ballon d’Or, réalise enfin son vœu le plus cher. « C’est l’aboutissement d’un parcours, d’une fidélité à ce maillot. La France est mon pays, mon cœur de battant. Je suis prêt à donner tout ce que j’ai pour écrire une nouvelle page de son histoire », a déclaré « Zizou » dans un communiqué sobre mais empreint d’émotion.
Ce mariage entre l’icône et la sélection était attendu comme une évidence depuis le départ de Zidane du Real Madrid en 2021. Pendant cinq ans, l’ex-meneur de jeu a pourtant décliné plusieurs offres prestigieuses – du PSG à la Juventus, en passant par la sélection brésilienne – pour attendre patiemment le moment opportun. « Il avait une obsession : les Bleus. Rien d’autre ne comptait vraiment à ses yeux », confie un proche du staff technique. Ce tempérament d’attente, presque mystique, rappelle sa carrière de joueur : un homme qui sait choisir ses instants pour frapper avec génie.
Sur le banc, Zidane n’est pourtant pas un novice. Sa première expérience comme entraîneur, au Real Madrid, a marqué l’histoire du football moderne. Entre 2016 et 2018, il a réalisé un triplé inédit en Ligue des champions, soulevant trois fois consécutivement la « Coupe aux grandes oreilles ». Un exploit que même les plus grands techniciens n’avaient jamais égalé à l’ère moderne. Avec un jeu fait d’équilibre, d’intelligence collective et d’une gestion d’ego hors pair, il a su diriger un vestiaire de stars – Cristiano Ronaldo, Ramos, Modrić – avec une autorité naturelle et une empathie rare.
« Zidane n’est pas un coach de systèmes, c’est un coach d’hommes. Il comprend la pression, il sait lire un match, mais surtout, il inspire le respect par son vécu », analyse l’ancien sélectionneur Raymond Domenech. Cette capacité à fédérer sera cruciale pour une génération bleue en transition. Avec des cadres comme Kylian Mbappé, Antoine Griezmann ou Aurélien Tchouaméni, le nouveau sélectionneur hérite d’un groupe talentueux mais en quête d’un second souffle. Sa mission : redonner une identité de jeu, mêler la jeunesse émergente – les Warren Zaïre-Emery, Mathys Tel ou Leny Yoro – à l’expérience des anciens, et surtout, effacer l’amertume des dernières éliminations.
Le calendrier s’annonce dense. Dès septembre 2026, Zidane débutera par la campagne de qualification pour l’Euro 2028, dont la phase finale se déroulera au Royaume-Uni et en Irlande. L’objectif affiché est clair : ramener un troisième étoile sur le maillot bleu lors de la Coupe du monde 2030, qui se tiendra sur six pays (Maroc, Espagne, Portugal, Argentine, Uruguay, Paraguay). Mais avant cela, il faudra redonner un élan collectif, restaurer un jeu séduisant et, surtout, répondre à une attente populaire immense.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Didier Deschamps, dans un message empreint de dignité, a salué « la meilleure décision pour l’avenir des Bleus. Zinédine est un ami, un frère de combat. Je lui passe le témoin avec confiance et fierté. » De son côté, le président de la FFF, Philippe Diallo, a souligné « l’intelligence footballistique et la dimension humaine » du nouveau sélectionneur, tout en rappelant que « la succession de Didier était un défi immense, mais nous sommes convaincus que Zizou est l’homme de la situation ».
Dans les rues de Paris, à Marseille ou à Lyon, l’enthousiasme est palpable. « C’est notre roi, il va nous faire vibrer comme en 98 ! », lance un supporter devant le siège de la FFF. Les bookmakers voient déjà les Bleus parmi les grands favoris des prochaines compétitions. Mais Zidane, lui, reste mesuré : « Je ne promets pas des titres, je promets du travail, de l’exigence et du respect pour le maillot. Le reste, le terrain le dira. »
Une chose est sûre : le 1er septembre 2026, à Clairefontaine, une page historique se tourne et une autre s’ouvre. Celle où le plus talentueux des numéros 10 français devient le chef d’orchestre de toute une nation. Le rêve d’un enfant de La Castellane, devenu légende planétaire, prend enfin sa forme la plus aboutie. Les Bleus, entre les mains de Zidane, ont désormais un guide qui connaît chaque recoin de l’excellence. Le monde du foot retient son souffle. Et la France, elle, croit à nouveau en son étoile.
Edwige Christine Mekoui
