Yaoundé, le 19 août 2026 – L’image a fait le tour des réseaux sociaux : Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), entouré des Lionnes Indomptables, fraîchement sacrées championnes d’Afrique pour la première fois de leur histoire. Mais derrière la célébration, c’est un Eto’o combatif et sans concession qui a pris la parole, transformant l’euphorie d’un titre historique en un réquisitoire contre ce qu’il perçoit comme les forces de la médiocrité qui entravent le Cameroun.
« Une promesse » née d’une image
Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, le quadruple Ballon d’or africain confie avoir été submergé par l’émotion en voyant, ce lundi matin, une photo des Lionnes défilant avec le trophée. « En voyant cette image ce matin, je me suis fait une promesse : je ne cesserai jamais de me lever contre ceux qui veulent nous imposer leur médiocrité », écrit-il.
Sans citer nommément ses cibles, Eto’o vise ceux « dont la fortune reste intraçable », ceux qui voudraient faire croire « que nous devrions tous être des voleurs », et ceux pour qui « réussir, au vu et au su de tous, serait devenu un crime ». Des « hommes sans parcours, sans bilan et parfois sans véritable CV » qui, selon lui, s’emploient à « tuer l’espoir et briser les rêves de toute une génération » pour « préserver leurs petites places et leurs petits intérêts ».
Le Cameroun, un bien plus grand que tous
Le président de la Fecafoot oppose à cette médiocrité une vision résolument patriotique. « Mais ils oublient une chose essentielle : le Cameroun est plus grand que nous tous. Nous passerons. Nos fonctions passeront. Nos querelles passeront. Mais le Cameroun restera », martèle-t-il.
Cet appel à l’élévation du débat public s’accompagne d’un message d’espoir pour la jeunesse. « Tant que Dieu me donnera la force de me tenir debout, je me battrai pour ce Cameroun que j’aime. Pour cette jeunesse qui a le droit de rêver. Pour tous ceux qui doivent comprendre qu’il est encore possible de partir de presque rien, de travailler, de tomber, de se relever et de réussir ».
Une pique à « un certain intellectuel »
Eto’o s’en prend également à un détracteur qu’il désigne comme « un certain “intellectuel” », lequel souhaiterait, selon ses dires, débattre avec lui. Le patron du football camerounais oppose une fin de non-recevoir cinglante : « Cela n’arrivera pas. Tout simplement parce que, dans l’ordre des choses, nous ne sommes pas au même niveau de responsabilité ni dans le même registre ».
Une manière de signifier qu’il entend rester focus sur l’essentiel : « construire, servir et transmettre », plutôt que de s’engager dans des polémiques stériles.
L’histoire s’écrit par les actes
Pour Samuel Eto’o, la victoire des Lionnes est une page d’histoire qui ne saurait être ternie par les jaloux. « Je ne laisserai jamais un groupuscule de personnes imposer un récit mensonger sur une histoire qui a fait rêver, qui fait encore rêver et qui, je l’espère, continuera de créer des rêves bien après nous ».
« On pourra tout dire : le poisseux, le talentueux, le bosseur, le chanceux… Peu importe. L’histoire, elle, ne s’écrit ni dans la jalousie ni dans le bruit. Elle s’écrit par les actes et les résultats ».
Un hommage appuyé à Paul Biya
La déclaration s’achève sur une note politique, avec une pensée pour le président de la République, Paul Biya : « il ne manquait que cette Coupe d’Afrique féminine ». Avant de conclure par un double serment : « Le Cameroun d’abord. Le Cameroun toujours ».
Cette sortie de Samuel Eto’o, au lendemain du sacre historique des Lionnes, résonne comme un manifeste : celui d’un homme qui, fort de son aura et de son parcours, entend peser sur le destin de son pays, au-delà du seul terrain de football.
Ndongo Tsala Christophe
