Deux soldats camerounais grièvement blessés, armes volées et poste militaire incendié dans une attaque à Mora

Mora, le 20 juin 2025 – La nuit du 19 au 20 juin 2025 a été marquée par une nouvelle attaque meurtrière dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Des éléments présumés de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont pris pour cible le poste militaire avancé de la Bonderie, situé à Mora, non loin de la frontière nigériane. Selon des sources sécuritaires, au moins deux soldats camerounais ont été sérieusement touchés, tandis que des armes et des munitions ont été dérobées par les assaillants. Le poste a également été incendié avant leur fuite.

Cette base, modérément sécurisée, se trouve à seulement 23 km de Banki, une localité nigériane de l’État de Borno, où l’ISWAP chercherait à étendre son influence. Des renseignements locaux suggèrent que le groupe terroriste pourrait cacher des combattants dans la forêt de Waza, une zone stratégique pour mener des attaques transfrontalières.

Une série d’attaques coordonnées

Cette attaque s’inscrit dans une escalade récente des violences perpétrées par les groupes jihadistes dans la région. Trois jours plus tôt, dans la nuit du 16 au 17 juin, l’ISWAP a frappé le camp militaire de Tchoukouli (coordonnées : 12.36814, 14.38328), blessant grièvement trois soldats, incendiant les installations et un camion militaire, avant de s’emparer d’un stock d’armes et de munitions.

La veille de cette attaque, un véhicule blindé de l’armée nigériane a été touché par un engin explosif improvisé (EEI) entre Wulgo et Gambaru, près de la frontière camerounaise. Le groupe terroriste a revendiqué l’attaque, affirmant avoir endommagé le véhicule et blessé des soldats.

Boko Haram tente des incursions, mais est repoussé

Parallèlement, Boko Haram a multiplié les tentatives d’infiltration dans plusieurs localités. Dans la nuit du 18 au 19 juin, vers 3 heures du matin, des combattants ont essayé de pénétrer dans Tolkomari, mais ont été repoussés par les forces de défense locales (Covis) et l’armée camerounaise. Une tentative similaire a eu lieu à Kourgui, sans succès pour les assaillants.

Malheureusement, ces attaques n’ont pas été sans victimes civiles. Un chef de famille a été gravement blessé par balle à Tolkomari dans la nuit du 18 au 19 juin et a dû être évacué d’urgence. Par ailleurs, un habitant a été enlevé par des hommes armés présumés membres de Boko Haram dans la même localité.

Bergers miraculeusement sauvés

Dans un autre incident, deux bergers et leur bétail ont échappé de justesse à une tentative d’enlèvement par Boko Haram à Kourgui dans la nuit du 16 au 17 juin. Selon des témoins, une intervention rapide des vigiles locaux a contraint les terroristes à abandonner leurs proies et à prendre la fuite.

Une situation sécuritaire qui se dégrade

Ces événements illustrent la recrudescence des activités terroristes dans la zone frontalière entre le Cameroun et le Nigeria. Malgré les efforts des armées camerounaise et nigériane, ainsi que des milices d’autodéfense, les groupes jihadistes parviennent encore à mener des attaques éclairs, semant la terreur parmi les populations civiles.

Les autorités camerounaises n’ont pas encore officiellement communiqué sur ces derniers incidents, mais une réunion d’urgence des forces de sécurité régionales serait en cours pour renforcer la surveillance le long de la frontière.
La région de l’Extrême-Nord reste un point chaud dans la lutte contre le terrorisme en Afrique centrale. Les attaques répétées de l’ISWAP et de Boko Haram montrent une adaptation tactique inquiétante, avec des cibles militaires et civiles de plus en plus fréquentes. La communauté internationale, notamment à travers la Force Multinationale Mixte (FMM), pourrait être appelée à intensifier son soutien pour éviter une nouvelle détérioration de la situation.

Hamadou Bello, correspondant à Maroua

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