Quarante-trois ans d’échecs, de promesses trahies et de stagnation : Jusqu’à quand les Camerounais devront-ils subir ce règne sans fin ?

À 93 ans, après 43 ans de pouvoir sans partage et huit candidatures à la présidentielle, Paul Biya a une nouvelle fois osé. Hier soir, dans une déclaration aussi laconique qu’insultante pour l’intelligence des Camerounais, l’homme qui incarne à lui seul l’échec, la sclérose et le mépris du peuple a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle d’octobre 2025. « Je suis candidat », a-t-il lâché, comme si le Cameroun lui appartenait. « Ensemble, il n’est pas de défis que nous ne puissions surmonter », a-t-il ajouté, avec un cynisme qui frise la provocation.

Quels défis a-t-il surmontés, en près d’un demi-siècle au pouvoir ? La misère s’est installée, les hôpitaux sont des mouroirs, les écoles s’écroulent, le chômage ravage une jeunesse désespérée, et les régions anglophones sont en proie à une guerre sanglante qu’il a laissé pourrir. Pendant ce temps, lui et sa cour vivent dans un luxe obscène, entre séjours prolongés à Genève et dépenses somptuaires, tandis que le pays croule sous les dettes et la corruption.

Un bilan calamiteux, un pays en ruine

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 43 ans de pouvoir pour un homme qui a pris les rênes du pays en 1982, alors que la majorité des Camerounais n’était même pas née.
  • 8 candidatures, des élections systématiquement contestées, des fraudes avérées, une démocratie de façade.
  • Un PIB par habitant parmi les plus bas d’Afrique centrale, malgré les richesses naturelles pillées par une oligarchie proche du régime.
  • Des infrastructures délabrées, des routes impraticables, des coupures d’eau et d’électricité chroniques.
  • Une crise anglophone qui a fait des milliers de morts, des villages rasés, des réfugiés par centaines de milliers – une tragédie qu’il a ignorée jusqu’à ce qu’elle explose.

Et aujourd’hui, ce même homme, usé, absent, déconnecté, ose prétendre qu’il peut encore « servir » le Cameroun ? À quel peuple s’adresse-t-il ? À celui qui survit dans la débrouille, à ces jeunes qui fuient par milliers sur des embarcations de fortune, à ces fonctionnaires impayés, à ces parents qui enterrent leurs enfants faute de soins médicaux ?

La mascarade électorale en préparation

Personne n’est dupe. Cette candidature n’a qu’un objectif : perpétuer un système mafieux, verrouillé par un clan qui refuse de lâcher prise. L’État-major électoral est à sa botte, les médias publics sont une caisse de résonance de sa propagande, et l’opposition est soit muselée, soit infiltrée.

Les Camerounais n’ont pas oublié le scrutin de 2018, où Biya, déjà sénile et absent, avait été « réélu » dans des conditions obscures, avec des résultats proclamés avant même le dépouillement. Aujourd’hui, à 93 ans, alors qu’il ne peut plus prononcer un discours sans lire péniblement un prompteur, il veut encore se maintenir.

Jusqu’où ira le mépris ?

Le monde regarde avec stupeur ce qui se passe au Cameroun. Alors que partout ailleurs, les peuples se soulèvent contre les dictatures et les dynasties usées, le régime Biya croit pouvoir défier l’histoire. Mais jusqu’à quand ?

La jeunesse camerounaise est en colère. La société civile se réveille. Les réseaux sociaux bruissent de critiques de plus en plus audacieuses. Le temps où l’on pouvait étouffer les voix dissidentes est révolu.

Paul Biya n’est pas un candidat. Il est le symbole d’un système pourri qui étouffe l’espoir d’un peuple. Sa candidature est une insulte à l’intelligence, une gifle à la démocratie, et une provocation envers tous ceux qui rêvent d’un Cameroun libre et prospère.

Il est temps que le Cameroun tourne cette page honteuse. Il est temps que Paul Biya parte.

Emmanuel Ekouli


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