La signature du protocole entre l’État et Yenigun Construction reportée sans explication, une gestion chaotique qui devient la norme

Limbé, Cameroun – Une fois de plus, les autorités camerounaises démontrent leur incapacité à respecter leurs propres engagements. La cérémonie de signature du Protocole d’entente entre l’État du Cameroun et l’entreprise turque Yenigun Construction pour la réalisation du Projet de Port en eau profonde de Limbé, initialement prévue jeudi 31 juillet 2025, a été reportée sine die. Un nouveau coup d’épée dans l’eau qui illustre le manque criant de professionnalisme et de préparation des responsables publics.

Un report inexpliqué, une communication opaque

Dans un communiqué laconique, le Ministre des Transports a simplement annoncé le report de l’événement, sans fournir la moindre justification. “La nouvelle date de la signature n’a pas été précisée”, peut-on lire, comme si les partenaires économiques et les citoyens n’avaient pas droit à plus de transparence. Pire, le ministre “s’excuse pour la gêne occasionnée”, une formule creuse qui ne masque pas l’incompétence organisationnelle récurrente de l’administration camerounaise.

Comment comprendre qu’un projet d’une telle envergure, censé booster l’économie nationale, soit géré avec autant de légèreté ? Les investisseurs étrangers, déjà méfiants face aux lenteurs bureaucratiques du Cameroun, ne peuvent qu’être découragés par de telles pratiques.

Un projet stratégique en souffrance

Rappelons que le Port en eau profonde de Limbé est présenté comme un élément clé pour désengorger le Port autonome de Douala et faciliter les échanges maritimes dans la sous-région. Avec un coût estimé à plusieurs centaines de milliards de FCFA, ce projet devrait théoriquement dynamiser le commerce, créer des emplois et renforcer la position du Cameroun comme hub logistique en Afrique centrale.

Mais une fois de plus, les retards s’accumulent, et l’État camerounais donne l’impression d’improviser. Entre les appels d’offres contestés, les négociations opaques et maintenant ce report inexplicable, la crédibilité des institutions s’effrite un peu plus.

Une gestion chaotique devenue la norme

Ce n’est malheureusement pas la première fois que les autorités camerounaises font preuve d’amateurisme dans la gestion des grands projets. Qu’il s’agisse des retards interminables sur le chantier du stade d’Olembé, des dysfonctionnements récurrents dans les marchés publics ou des promesses non tenues en matière d’infrastructures, le constat est accablant : l’État semble incapable de planifier et d’exécuter ses projets dans les délais.

Ce report intervient dans un contexte où le Cameroun cherche désespérément à attirer des investisseurs étrangers. Mais comment convaincre des partenaires internationaux lorsque les engagements ne sont pas respectés et que les calendriers sont constamment bafoués ?

Quelles conséquences pour l’économie camerounaise ?

Chaque retard a un coût. D’abord financier : les reports entraînent des surcoûts liés à la renégociation des contrats, à l’inflation et aux pénalités éventuelles. Ensuite, en termes d’image : le Cameroun passe pour un pays peu fiable, où les projets peinent à aboutir. Enfin, sur le plan socio-économique : les emplois promis tardent à se concrétiser, et les retombées économiques pour les populations locales restent un mirage.

L’urgence d’une gouvernance rigoureuse

Il est temps que les autorités camerounaises prennent leurs responsabilités. Un pays qui aspire à l’émergence ne peut se permettre de fonctionner dans l’improvisation permanente. La population mérite mieux que des excuses évasives et des reports à répétition.

Si le gouvernement veut vraiment faire du Port de Limbé une réussite, il doit :

  1. Communiquer clairement sur les raisons de ce report et annoncer une nouvelle date crédible.
  2. Accélérer les procédures pour éviter d’autres retards préjudiciables.
  3. Garantir la transparence dans les négociations avec les partenaires privés.

En attendant, ce nouveau fiasco organisationnel renforce le sentiment que, malgré les discours ambitieux, le Cameroun reste englué dans des pratiques archaïques qui freinent son développement.

À quand un vrai changement ?

Emmanuel Ekouli

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