L’entraîneur de la sélection nationale camerounaise de football, Marc Brys, a une nouvelle fois prouvé que dans le monde du ballon rond, les démissions sont parfois aussi éphémères qu’un penalty raté. Après avoir annoncé son départ, le technicien belge a finalement fait demi-tour, atterrissant ce matin à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, visiblement ravi de retrouver son staff. Une volte-face qui laisse pantois mais qui, il faut l’avouer, ne manque pas de saveur.
Un départ… qui n’en était pas un
Il y a quelques jours, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe : Marc Brys, en désaccord avec la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), annonçait jeter l’éponge. Les raisons ? Des tensions persistantes, des mois de salaire impayé, et peut-être un soupçon de lassitude face aux tumultes habituels du football camerounais. Les supporters, habitués aux coups de théâtre, avaient pour une fois cru à une fin définitive.
Mais voilà, entre Addis-Abeba et Yaoundé, quelque chose a changé. Peut-être une révélation en plein vol ? Une ultime discussion téléphonique convaincante ? Ou simplement la prise de conscience que, décidément, le Cameroun est un feuilleton dont on ne s’extirpe pas si facilement. Toujours est-il que Brys, souriant et détendu, a foulé le tarmac hier comme si de rien n’était, accueilli par un staff visiblement soulagé.
L’accueil chaleureux : scénario bien rodé ou sincérité retrouvée ?
Les images de son arrivée parlent d’elles-mêmes : embrassades, tapes dans le dos, rires complices. On aurait presque pu croire à une réconciliation hollywoodienne, tant l’émotion semblait palpable. Pourtant, certains observateurs grinçants y verront plutôt une mise en scène bien huilée, destinée à calmer les esprits avant les éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Interrogé à sa descente d’avion, Brys a botté en touche avec l’élégance d’un milieu de terrain aguerri : “Je suis heureux d’être de retour. L’important, c’est le travail qui nous attend et la qualification pour le Mondial.” Aucune mention de la démission avortée, aucune allusion aux tensions passées. Comme si tout cela n’avait été qu’un mauvais rêve.
Les Lions Indomptables, un feuilleton sans fin
Cette nouvelle péripétie s’inscrit dans la longue tradition camerounaise des drames footballistiques. Entre rebondissements administratifs, conflits entre joueurs et instances, et entraîneurs tour à tour encensés puis conspués, les Lions Indomptables offrent un spectacle permanent. Marc Brys, en maître des retournements, s’y inscrit parfaitement.
Reste à savoir si cette “reconciliation” tiendra jusqu’aux prochains matches. Les éliminatoires approchent, et le public camerounais, aussi passionné qu’exigeant, n’acceptera pas un nouveau faux pas. Pour Brys, l’heure n’est plus aux annonces choc, mais aux résultats sur le terrain.
Et maintenant, on fait quoi ?
Si cette affaire aura au moins eu un mérite, c’est de rappeler une vérité universelle du football : rien n’est jamais définitif. Entre les déclarations fracassantes et les silences éloquents, Marc Brys a réussi l’exploit de faire oublier – provisoirement – ses incertitudes.
Mais gare à la prochaine crise. Car au Cameroun, le football est une religion, et les entraîneurs, des prêtres dont la messe peut être interrompue à tout moment. En attendant, place au jeu. Et cette fois, sans faux départ.
Emmanuel Ekouli
