Le Cameroun vient de lancer un vaste projet d’installation de 100 000 lampadaires LED solaires à haut rendement dans les villes de Douala, Yaoundé et Bafoussam. Cette initiative, portée par le gouvernement en collaboration avec des partenaires techniques, vise à réduire significativement la consommation énergétique et les coûts liés à l’éclairage public. Avec une économie estimée à 4 milliards de FCFA par an, ce programme pourrait aussi apaiser les tensions entre les municipalités et la société Eneo, gestionnaire du réseau électrique, autour du paiement des factures d’éclairage.
Une solution durable pour des villes mieux éclairées
Face aux défis récurrents de l’électrification urbaine – pannes fréquentes, factures salées et maintenance complexe – le Cameroun mise sur les énergies renouvelables. Les nouveaux lampadaires solaires équipés de technologies LED offrent une autonomie énergétique totale, réduisant la dépendance au réseau national.
« Ce projet s’inscrit dans notre stratégie de transition énergétique et de smart city », explique un responsable du ministère de l’Eau et de l’Énergie. « Les lampadaires solaires permettent non seulement de réaliser des économies, mais aussi d’améliorer la sécurité et la qualité de vie dans nos métropoles. »
Les trois villes ciblées – Douala, Yaoundé et Bafoussam – ont été choisies en raison de leur forte densité démographique et de leurs besoins criants en éclairage public. Selon les estimations, près de 40 % des rues de ces agglomérations souffrent d’un éclairage défaillant, favorisant l’insécurité et les accidents.
Smartec : Une plateforme intelligente pour une gestion optimisée
L’un des aspects innovants de ce projet est l’intégration de la plateforme Smartec, un système de contrôle et de gestion à distance des lampadaires. Grâce à cette technologie, les municipalités pourront :
- Surveiller en temps réel la performance de chaque point lumineux.
- Détecter les pannes instantanément et programmer les maintenances.
- Ajuster l’intensité lumineuse selon les besoins (par exemple, baisser la lumière après minuit pour économiser l’énergie stockée).
« Cette solution smart city permettra aux communes de mieux planifier leurs dépenses et d’éviter les gaspillages », souligne un expert en énergie solaire impliqué dans le projet.
4 milliards FCFA d’économies annuelles : Un soulagement pour Eneo et les mairies
L’un des enjeux majeurs de l’éclairage public au Cameroun réside dans les contentieux financiers entre Eneo et les collectivités locales. Les mairies accusent régulièrement des retards de paiement, plombant les finances de la société électrique. Avec ce nouveau système solaire, les villes pourront réduire drastiquement leurs factures, tandis qu’Eneo verra sa charge de travail allégée.
« L’éclairage public représente un poste de dépense colossal pour les communes. En passant au solaire, elles pourront réallouer ces fonds à d’autres projets prioritaires, comme les routes ou l’assainissement », indique un maire de la région de l’Ouest.
Perspectives et prochaines étapes
Si la phase pilote se concentre sur trois grandes villes, le gouvernement envisage d’étendre le projet à d’autres régions, notamment Garoua, Maroua et Bamenda. Les travaux d’installation devraient s’étaler sur 18 mois, avec un financement mixte (État, partenaires internationaux et secteur privé).
Toutefois, des défis subsistent, notamment la sécurisation des équipements contre le vol et le vandalisme, ainsi que la formation des techniciens locaux à la maintenance des systèmes solaires.
Avec ce déploiement massif de lampadaires solaires intelligents, le Cameroun franchit un pas de plus vers la modernisation de ses infrastructures urbaines. En combinant économies d’énergie, réduction des coûts et innovation technologique, ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis énergétiques.
Yimga Senga Paule Sandra
