Considérés comme des pierres angulaires de cette politique gouvernementale qui prend progressivement pied dans ce pays d’Afrique centrale, ces deux concepts-clés méritent d’être bien compris pour en tirer grand parti.

L’équilibre régional et la discrimination positive sont, en effet, deux concepts distincts, généralement utilisés dans les politiques publiques et l’aménagement du territoire. Ainsi donc, pour établir la différence entre les deux, il faut savoir bien circonscrire le champ de définition de l’un et de l’autre. Concernant l’équilibre régional, celui-ci vise à réduire les disparités économiques et sociales entre différentes régions d’un pays. Il s’agit de s’assurer que toutes les régions ont des opportunités de développement équitables. « Les politiques d’équilibre régional comprennent souvent des investissements dans les infrastructures, le développement économique local, et des mesures pour encourager la décentralisation des industries et des services. L’objectif est de promouvoir un développement harmonieux et durable à travers tout le territoire national », explique un expert.

Quant à la discrimination positive, également connue sous le nom d’action positive, elle vise à réduire les inégalités et les discriminations subies par certains groupes sociaux (comme les minorités ethniques, les femmes, etc.) dans l’accès à l’emploi, à l’éducation, et à d’autres opportunités. De ce fait, elle se traduit par des mesures spécifiques qui favorisent ces groupes historiquement défavorisés, par exemple en fixant des quotas pour les admissions scolaires ou les embauches. Son objectif in fine est de corriger les déséquilibres historiques et de promouvoir une plus grande diversité et inclusion.

Inégalités régionales

« En résumé, alors que l’équilibre régional s’intéresse principalement aux disparités géographiques entre régions, la discrimination positive se concentre sur les disparités entre différents groupes sociaux au sein de la société », indique l’expert. Et selon lui, la discrimination positive, dans le cadre de la décentralisation, offre plusieurs opportunités pour favoriser un équilibre régional. Il s’agit, notamment primo : la réduction des inégalités régionales, ce d’autant plus qu’elle peut aider à rectifier les déséquilibres entre les régions en favorisant le développement d’initiatives et de projets dans des zones défavorisées. Cela peut inclure des incitations financières pour les entreprises qui s’installent dans des régions moins développées.

Secundo, on a l’amélioration des infrastructures, du fait qu’en investissant dans des infrastructures dans des régions moins favorisées, la discrimination positive peut stimuler l’accès à des services essentiels, ce qui contribue à l’attractivité économique de ces régions. Tercio : la promotion de l’emploi local. Les politiques de discrimination positive pouvant encourager l’emploi local en favorisant l’embauche de personnes issues de ces régions, ce qui aide à réduire le chômage et à renforcer les compétences locales. Quarto : l’affirmation de l’identité régionale. En mettant en avant les atouts culturels et économiques des régions moins favorisées, la discrimination positive peut contribuer à renforcer l’identité locale et à promouvoir le tourisme et les produits régionaux. Et le dernier point est de favoriser l’innovation et le développement durable. En effet, en ciblant les investissements publics et privés dans des régions stratégiques, la discrimination positive peut encourager des modèles économiques innovants qui s’inscrivent dans une démarche de développement durable.

Réadaptation de l’équilibre

« Pour maximiser ces opportunités, il est important d’accompagner la discrimination positive de mesures d’évaluation et de suivi afin de garantir que les objectifs visés sont atteints et qu’une réelle amélioration de l’équilibre régional est observée », selon l’expert.
Au demeurant, lorsqu’un système a été mis en place avec une politique précise, comme a tenu à le souligner le même expert, la réorientation de la politique doit induire forcement la révision ou l’ajustement du système. La décentralisation sur pied au Cameroun aujourd’hui demande la réadaptation de l’équilibre régional entre les 10 régions et l’équilibre régional dans une région : la discrimination positive.

François Zavier Fonkou Wolong

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