Alors que la commission départementale chargée de procéder aux investitures et présidée par Dieudonné Zang Mba a bouclé ses travaux jeudi dernier, les voix s’élèvent au sein du département de la Mefou et Akono pour crier au tripatouillage et à l’exclusion des jeunes.
Au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), l’on s’achemine vers la finalisation des dossiers de candidatures pour les élections régionales prévues le 30 novembre prochain. Si un vent de transparence semble souffler dans quelques localités, du côté du département de la Mefou et Akono, ce sont des grincements de dents. C’est que la commission départementale d’investiture qui y a siégé la semaine dernière s’en est sorti avec une mauvaise mention. Entre tripatouillage, soumission aux élites, règlement de compte, la liste des griefs faits à l’équipe de Dieudonné Zang Mba Obele est longue.
L’on accuse Dieudonné Zang Mba et ses pairs d’avoir cédé à l’influence des élites notamment Gaston Eloundou Essomba, Marie Thérèse Abena Ondoa, Laurent Nkodo, Essomba Bengono ou encore Jean Claude Ottou pour la désignation des candidats en violation de la circulaire relative aux investitures, signée par le Secrétaire général du Comité central du RDPC. Selon la circulaire de Jean Kuete, « les propositions de listes des candidatures adressées à la Commission Nationale d’Investiture par les Commissions régionales de contrôle et les Commissions départementales de réception et d’analyse tiennent compte du genre, des jeunes, de l’émergence des nouvelles figures et de la représentation sociologique.» Cette exigence n’a pas été respectée. Malgré la multitude de nouvelles candidature, l’équipe de Diedonné Zang Mba, sous la pression des élites a procédé à la reconduction pure et simple des candidats de l’ancienne équipe des conseillers régionaux dont l’âge est pourtant contenu entre 55 et 70 ans.
Une autre disposition qui n’a pas été respectée, celle contenue dans la note portant application de la circulaire du Secrétaire General du Comité central du RDPC. Celle-ci stipule que l’investiture doit être accordée aux candidats « aptes à relever les défis auxquels notre pays est confronté dans la mise en place de la Décentralisation ». Par leur immobilisme, les candidats qui ont été retenus avaient déjà montré lors du dernier mandat qu’ils ne sont pas à la hauteur des défis actuels. « On se demande bien qu’est ce qu’ils ont d’abord fait lors du dernier mandat pour être reconduit », a commenté un militant de Bikok.
Favoritisme, règlement de compte, népotisme
En signant sa note portant application de sa circulaire, le Secrétaire General du Comité central du RDPC était certainement imprégné des habitudes qui ont souvent cours lors des opérations de candidature. Dans le département de la Mefou, les vieilles habitudes n’ont pas changé de peau malgré, les fermes exigences de la hiérarchie du parti. Sur le chemin de sa cacaoyère, un proche d’un candidat recalé accuse Gaston Eloundou Essomba et Marie Thérèse d’avoir « imposé madame Sollo sur la liste des candidats d’Akono, avec pour argument qu’elle doit soutenir son mari pris dans l’étau de l’opération épervier ». Le même personnage accuse encore le ministre de l’Eau et de l’énergie d’avoir fait feu de tout bois pour introduire le nom de « Madame Ekobo Messi à Ngoumou avec qui il aurait des aventures.» Incisif, ce personnage ne manque de pointer du doigt Marie Therese Abena Ondoa comme étant celle qui a barré la voix aux jeunes. Le député Essomba Bengono et le Sénateur Laurent Nkodo n’échappe pas à l’acerbité de ce paysan de la quarantaine. « A Akono les jeunes n’avaient personne pour les défendre, mais à Ngoumou et Mbankomo, Essomba Bengono et Laurent Nkodo n’ont servi à rien. Il n’était que des comparses incapables de s’opposer aux volontés de ces deux ministres qui régentent la Mefou et Akono », lance-t-il avant de prendre congé de votre reporter.
Une jeunesse marginalisée et exclue
S’il y a un fait qu’il faut vertement dénoncer dans tout ce dans cette comédie harassante qui s’est joué la semaine dernière dans la Mefou et Akono, c’est qu’aucun jeune n’a été retenu sur les listes des candidats dans les 4 arrondissements. Une situation grave, qui en plus de violer les recommandations de la hiérarchie du parti, pourrait pousser les jeunes à la révolte dans un contexte électoral déjà tendu. Ces jeunes pourraient se lier à la dynamique de certains courant extrémistes qui appellent au chaos.
Une dictature de quelques élites
Dans l’ensemble du département de la Mefou et Akono, le constat est le même, les candidats retenus ne sont pas ceux qui ont été proposés par les différents démembrement du parti. « Ils sont ceux que les élites ont voulu imposer », tranche-t-on du côté d’Akono. Une situation qui sonne pour certains comme un désaveu sans précédent de la base militante. En plus d’être les candidats voulus par la base, les candidats recalés justifient des états de service éloquents au sein de l’OJRDPC. Bien plus, ils ont des compétences dans différents domaines, tels quel l’enseignement, les ressources humaines, l’agronomie. Des savoir-faire en adéquation avec la décentralisation. Si rien n’est fait au sein du comité central pour reconsidérer leur candidature, un sentiment de frustration généralisé pourrait naitre chez les jeunes de cette localité.
Herman Akwa Onana
