Une étude récente du magazine Global Finance, s’appuyant sur les données du Fonds Monétaire International (FMI), dresse un tableau sombre de la pauvreté mondiale pour l’année 2025. Le constat est sans appel : sur les dix nations classées comme les plus pauvres de la planète, neuf se trouvent en Afrique, confirmant une concentration alarmante de l’extrême précarité sur le continent africain.

Pour établir ce classement, l’étude a privilégié non pas le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant standard, mais la parité de pouvoir d’achat (PPA). Cet indicateur, plus fin, permet de comparer le niveau de vie réel entre les pays en neutralisant les différences de coût de la vie, offrant ainsi une vision plus juste de la capacité des populations à subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Le Soudan du Sud, un État en souffrance

La tête de ce classement peu enviable est occupée par le Soudan du Sud. Avec un PIB par habitant (PPA) de seulement 716 dollars, la jeune nation, indépendante depuis 2011, est en proie à une instabilité chronique. Le magazine déplore le paradoxe de la « malédiction des ressources » : riche en pétrole, le pays est pourtant ravagé par les divisions politiques, les inégalités, la corruption et les conflits. Une hyperinflation atteignant les 128% en 2024 achève d’asphyxier son économie. La Banque Mondiale estime que près de la totalité de la population sud-soudanaise vivra sous le seuil de pauvreté d’ici la fin de l’année.

L’Afrique subsaharienne, épicentre de la pauvreté

La liste se poursuit avec des pays marqués par l’instabilité, les crises alimentaires et un accès limité aux services de base. Le Burundi se place en deuxième position, où moins de 5% des habitants ont accès à l’électricité. La République Centrafricaine complète ce podium tragique.

Une seule nation non-africaine figure dans ce top 10 : le Yémen, quatrième. En guerre depuis près d’une décennie, le pays subit une crise humanitaire catastrophique. Le reste du classement est entièrement africain, comprenant le Mozambique, le Malawi, la République Démocratique du Congo (RDC), la Somalie, le Libéria et Madagascar.

Un fossé qui se creuse et des facteurs aggravants

Cette étude est instructive à plus d’un titre. Elle révèle non seulement la surreprésentation de l’Afrique, mais aussi le fossé abyssal qui sépare les économies occidentales du reste du monde. La pandémie de Covid-19 a été un puissant facteur de recul, faisant basculer près de 200 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté entre 2020 et 2022 selon la Banque Mondiale.

D’autres éléments contextuels, comme la guerre en Ukraine qui redirige les budgets d’aide humanitaire vers la défense en Europe, ou la dissolution de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) sous l’ère Trump, ont participé à fragiliser un peu plus les populations les plus vulnérables.

En contrepoint, le pays le plus pauvre d’Europe, la Moldavie, arrive au 92e rang mondial avec un PIB PPA par habitant de 19 678 dollars – soit 27 fois supérieur à celui du Soudan du Sud. Cette comparaison illustre avec force l’immense défi de développement qui reste à relever pour les nations les plus démunies, majoritairement africaines.

Emmanuel Ekouli

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