Honorable Directeur Général, quel est votre sentiment à quelques jours seulement du début de la campagne électorale pour l’élection du Président de la République ?
je vous remercie d’avoir fait le voyage de Gaschiga et pour cet entretien que vous m’accordez. Je dois dire, pour répondre à votre question, que mon sentiment est un sentiment de sérénité et de satisfaction. Il est un sentiment de sérénité parce que notre Arrondissement est un bastion, j’allais dire, une forteresse du RDPC dans le département de la Bénoué. Nous n’avons jamais failli et ce n’est pas demain la veille que cela arrivera. Sentiment de satisfaction parce qu’au niveau des sections, la section Bénoué Nord-ouest I était pour ainsi dire, la première à solliciter que le Président National de notre parti et Président de la République Son Excellence Paul Biya se représente à cette élection présidentielle crucial pour notre pays. Et comme vous le savez, le Président a répondu favorablement à cet appel. Ceci dit, je dois ajouter un sentiment de responsabilité car, notre devoir se retrouve désormais totalement et entièrement engagé ; le Président a fait sa part, il nous reste à nous de faire la nôtre.
Qu’entendez-vous par votre responsabilité, pouvez-vous vous étendre s’il vous plait ?
La réponse à votre question est naturelle. Quand vous sollicitez quelque chose auprès de quelqu’un et que cette sollicitation est assortie d’une promesse, il est évident qu’à partir du moment où la chose sollicitée est accordée, il vous revient de tenir votre promesse. Ici à Demsa, nous avons demandé au Président Paul Biya d’être notre candidat à cette élection présidentielle, il a accepté notre demande. Il a accepté de déposer sa candidature. Malgré toutes les manœuvres qui ont été tentées pour invalider cette candidature, le Conseil Constitutionnel l’a confirmée. Notre promesse était claire : s’il dépose sa candidature, nous allons la plébisciter. Voilà notre responsabilité.
Honorable, pourquoi souhaitiez-vous tant que Paul Biya soit à nouveau candidat à cette élection, il n’est plus vraiment très jeune. N’y avait-il pas une autre alternative ?
Je vous avoue ne pas très bien comprendre cette obsession des journalistes et autres candidats de l’opposition à parler de l’âge du président plutôt que de ses capacités cognitives, ses facultés intellectuelles et mentales, de son bilan et ses perspectives. Nous avons plusieurs exemples aujourd’hui qui démontrent et à suffisance que la jeunesse n’est pas un gage de réussite à la direction d’un Etat. Par contre, nous savons qu’à un certain niveau de responsabilité, l’expérience est un atout indéniable. L’expérience s’acquière par une longue et fructueuse pratique et très souvent, la sagesse s’obtient avec l’âge. La gestion d’un Etat est une affaire trop sérieuse pour que n’importe qui se prétende capable de l’assumer. Le Président Paul Biya a tout ce qu’il faut. Sa sagesse est reconnue au-delà de nos frontières, son expérience fait de lui une légende en Afrique et dans le monde. A cause sa sagesse et de cette expérience, deux choses qui sont liées naturellement à son âge, on veut accepter la sagesse et l’expérience mais pas l’âge qui va avec ? Laissez-moi vous dire que la confiance dont jouit le Cameroun auprès de ses partenaires est une grande partie garantie par le Président Paul Biya à sa tête. Je me permets de dire que je trouve cette attitude à la fois puérile et irrationnelle. Il faut être honnête et dire que l’âge du président est un atout si la santé l’accompagne, ce qui est le cas pour l’instant. Le temps que le Président a passé à la tête de l’Etat est certainement la plus grande chance de notre pays. Si on ajoute son humanisme et sa volonté jamais démentie de ne penser qu’à son peuple, tout est réuni pour qu’au RDPC, nous lui ayons demandé de continuer son œuvre qui consiste à baliser les voies qui conduisent le Cameroun vers son émergence. Nous y croyons fermement sans la moindre réserve.
Dans la région du Nord et le département de la Bénoué en particulier, votre candidat va faire face à deux candidats qui sont déclarés « poids lourds » : Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, deux anciens alliés du Président Biya : comment comptez-vous contrecarrer leur assauts et faire élire votre candidat ?
Je dois reconnaitre que si ces candidats qui étaient nos alliés d’hier comptent faire des scores, c’est dans le Nord, ils y sont nés. En politique et en démocratie, on doit respecter l’adversaire aucune élection n’étant gagnée d’avance. Nous ne commettrons donc pas l’erreur de ne pas tenir compte de ces candidats dans notre stratégie. Qu’il me soit permis de relever quelque chose qui a toute sa pertinence : l’UNDP et le FSNC respectivement de Bello Bouba et Issa Tchiroma sont des partis que nous avons souvent affronté ici au Nord pour toutes les autres élections autres que la présidentielle. Les résultats de ces consultations sont connus, on connait le nombre de leurs députés et leurs conseillers municipaux. Pour beaucoup de journalistes et autre citoyens camerounais, on pense que c’est nouveau pour nous ici, la vérité est que ce sont des gens et des partis en faces desquels on s’est toujours trouvé. Cela n’est nouveau que pour vous qui pensez que comme candidats à l’élection présidentielle, ils sont devenus autre choses que ce qu’ils ont toujours été. Leurs seuls arguments est la supposée marginalisation des régions septentrionales et eux ils prétendent venir réparer cette injustice. Voilà, me semble-t-il, un argument dangereux qui pourrait opposer les camerounais les uns contre les autres parce ces hommes politiques veulent faire croire que du fait de l’origine ethnique du Président de la République, l’orientation des avantages de l’Etat en est conséquente et qu’il aurait privilégié les siens au détriment des autres. Ceci est faux et relève de la démagogie et du populisme. En tout état de cause, si cette thèse est envisageable, comment justifient-ils leur longévité dans le gouvernement du Président Paul Biya, alors que eux-mêmes ne sont pas de son ethnie ? Pire, et pendant cette longue présence dans ces gouvernements successifs, qu’ont-ils fait pour « leurs frères », sauf à reconnaitre qu’ils n’auront plus jamais faim, eux-mêmes et tous les leurs ? C’est en fait l’hôpital qui se moque de la charité. Je ne veux pas en dire plus.
C’est votre dernier mot, Honorable ?
Pour me résumer, nous avons demandé au Président National de notre parti le RDPC qui, selon les statuts et pendant qu’il est encore le Président, est le candidat naturel, de ne pas renoncer à sa candidature parce que le pays a encore besoin de tout ce qu’il incarne et qui est reconnu par nous ses militants et aussi sur le plan international. Il a accepté cette lourde responsabilité. Pour gagner face aux onze autres candidats à cette élection, ce ne sera pas par décret. Ce sera à nous de lui faire garder le fauteuil présidentiel par notre plébiscite pour un Cameroun qui ira de victoires en succès. Pour ce qu’il est de la circonscription politique qui est la nôtre et qui épouse les contours de l’arrondissement de Demsa, nous allons remplir notre part du contrat et avec panache. Je peux ajouter que le président peut compter pour ses lieutenants que nous sommes pour sa victoire finale le 12 octobre prochain au soir.
Propos recueillis par François Ndi, envoyé spécial pour le Nord
