Dans un contexte mondial où l’urgence climatique croise impérativement les enjeux de l’autonomisation des femmes, une rencontre discrète mais hautement significative s’est tenue hier dans la capitale camerounaise. Mme Marie-Claude Harvey, Ambassadrice désignée du Canada au Tchad, s’est entretenue avec M. Abdourahime Garba, Directeur pays de la SOCODEVI-Tchad. Au centre des discussions : le projet TRACC, une initiative ambitieuse qui place les femmes tchadiennes de la province du Guéra en première ligne de la lutte contre les dérèglements du climat, avec le soutien indéfectible d’Ottawa.

Cette rencontre, bien plus qu’un simple point protocolaire, symbolise l’engagement commun du Canada et de la SOCODEVI à investir dans un avenir plus stable et prospère pour le Tchad. Le projet TRACC – « Les femmes tchadiennes résilientes au changement climatique au Guéra » – n’est pas un programme d’assistance de plus. Il incarne une philosophie de partenariat solide, visant à renforcer durablement les capacités des communautés vulnérables, et plus spécifiquement des femmes, qui en sont souvent les piliers économiques et sociaux.

La région du Guéra, comme de nombreuses zones sahéliennes, subit de plein fouet les effets du changement climatique : précipitations erratiques, dégradation des sols, pression accrue sur les ressources naturelles. Ces phénomènes menacent directement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, frappant avec une acuité particulière les femmes, principales actrices de l’agriculture vivrière et de la gestion familiale.

C’est précisément sur ce front que le projet TRACC intervient. Sous l’expertise de SOCODEVI, un réseau coopératif international reconnu pour son approche de développement économique inclusive, le programme déploie une stratégie multidimensionnelle. Il s’agit de doter les femmes de la région d’outils techniques, financiers et organisationnels pour non seulement s’adapter aux nouvelles réalités climatiques, mais aussi pour en tirer des opportunités.

Les discussions entre l’Ambassadrice désignée Harvey et M. Garba ont permis de faire le point sur les avancées concrètes : promotion de pratiques agricoles intelligentes face au climat (agroécologie, gestion de l’eau), diversification des sources de revenus via des activités génératrices de revenus résilientes, et surtout, le renforcement des structures coopératives féminines. Cette approche collective est la clé de voûte du projet, permettant aux femmes de mutualiser leurs efforts, de négocier de meilleures conditions de marché et de peser davantage dans les prises de décision locales.

« Le Canada est fier de soutenir une initiative qui reconnaît le rôle incontournable des femmes comme agentes de changement dans leurs communautés », a souligné Mme Harvey à l’issue de l’entretien. « Leur résilience est la pierre angulaire de la résilience de toute une région. Le projet TRACC est un investissement dans la paix, la stabilité et le développement durable du Tchad. »

Pour M. Abdourahime Garba, cette collaboration est un exemple probant de l’efficacité des partenariats ciblés. « Travailler main dans la main avec les femmes du Guéra, en synergie avec l’appui du Canada, nous permet d’avoir un impact réel et mesurable. Nous ne bâtissons pas seulement une résistance aux chocs climatiques ; nous construisons l’autonomie économique et sociale des femmes, ce qui profite à l’ensemble de la société tchadienne. »

Alors que la communauté internationale se mobilise pour le climat, la rencontre d’hier à Yaoundé rappelle une évidence : les solutions les plus puissantes sont souvent celles qui écoutent et valorisent ceux qui sont en première ligne. À travers le projet TRACC, le Canada et la SOCODEVI écrivent, avec les femmes du Guéra, un chapitre essentiel de l’histoire de la résilience tchadienne, où l’espoir se cultive malgré l’aridité, porté par le courage et l’ingéniosité des femmes.

Yimga Senga Paule Sandra

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