Dans une CAN 2025 riche en rebondissements, le Cameroun s’impose comme la belle surprise du tournoi. Arrivés dans le tumulte, marqué par un changement de sélectionneur dans l’urgence et des tensions internes persistantes, les Lions Indomptables ont su retrouver leur mordant. Après un parcours de groupe solide, ponctué par un accrochage contre la Côte d’Ivoire, ils se sont qualifiés sans trembler pour les quarts de finale en dominant l’Afrique du Sud (2-1). Une résilience récompensée au plus haut niveau : le président de la République, Paul Biya, a offert à chaque joueur une prime substantielle de près de 30.000 euros.

Cette annonce, faite par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, intervient à un moment-clé. « En guise d’encouragement et de motivation supplémentaires, le Minsep, au nom de l’État, vient d’ordonner le paiement de leurs primes de qualification et de victoire, d’un montant cumulé de 18.180.000 francs CFA [27.715 euros] par joueur », a-t-il déclaré, saluant des Lions « qui viennent d’accéder aux quarts de finale dans un bel élan ». Un geste fort, symbolique et stratégique, visant à souder le groupe avant l’épreuve de vérité.

Une prime qui tombe à pic avant le choc face au Maroc

Le timing de cette récompense n’est pas anodin. Ce samedi, le Cameroun affrontera en quart de finale le Maroc, pays hôte et l’une des équipes favorites du tournoi. Un duel d’anthologie en perspective. Les Lions abordent ce match avec une sérénité et une confiance retrouvées, contrastant avec l’inquiétude palpable dans le camp marocain, ébranlé par des performances en dents de scie et une pression énorme.

Cette prime présidentielle, versée avec une célérité inhabituelle, semble aussi avoir un effet apaisant sur les relations souvent tumultueuses entre la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et le ministère des Sports. Elle évite tout contentieux financier susceptible de perturber la concentration du groupe à l’orée d’un match aussi crucial. L’objectif est clair : éliminer toutes les distractions et offrir à l’équipe les conditions optimales pour se préparer.

Du chaos à la cohésion : le renouveau camerounais

Le parcours camerounais force l’admiration. Il y a encore un mois, le doute régnait en maître. La nomination express de Martin Ndtoungou Mpile comme sélectionneur, suite au limogeage de Rigobert Song, avait jeté un voile d’incertitude. Aujourd’hui, le collectif fonctionne, mêlant l’expérience de veterans et l’audace de jeunes talents. La défense est solide, le milieu retrouve de l’impact et l’attaque profite des opportunités.

Face à un Maroc porté par tout un peuple mais visiblement fragile, les Camerounais, libérés de la pression des favoris, pourraient bien jouer les trouble-fêtes. La prime de 30.000 euros par joueur est plus qu’un bonus financier ; c’est un signal politique de reconnaissance et un puissant levier de motivation. Elle témoigne que l’État croit en cette équipe et attend désormais un dernier carré.

Alors que le Maroc tremble, le Cameroun, porté par cette reconnaissance officielle et une dynamique ascendante, entre dans la phase décisive du tournoi avec l’ambition de rééditer les exploits du passé. Le message est passé des autorités aux joueurs. À eux maintenant de le faire passer sur la pelouse de Rabat. Le pays tout entier, galvanisé par ce geste présidentiel, retient son souffle. « Vive le Cameroun qui gagne ! », a conclu le ministre. Samedi, les Lions auront à cœur de transformer cet encouragement en qualification historique.

Seudio Tchakounté Sandrine Joëlle

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