Il fallait un choc comme Maroc–Cameroun pour que le vernis institutionnel de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 se fissure publiquement. À quelques heures d’un quart de finale censé incarner l’excellence du football africain, c’est l’arbitrage — encore lui — qui s’est invité au centre du jeu, tel un intrus encombrant.
À Rabat, ce soir, le football se jouera sous surveillance généralisée, non pas tactique, mais suspicieuse. La désignation arbitrale, modifiée à la hâte, dans la pénombre des conciliabules, a exposé une vérité dérangeante : la Confédération Africaine de Football ne décide plus, elle compose. Elle n’arbitre plus, elle négocie.
Changer un arbitre central à la veille d’un quart de finale n’est pas un ajustement technique. C’est un aveu de fragilité. C’est reconnaître que la pression l’emporte sur la procédure, que l’émotion supplante la règle, que l’influence pèse davantage que l’éthique. À cet instant précis, la CAF a cessé d’être une autorité pour devenir un espace de tractations.
La colère camerounaise n’a rien d’anecdotique. Samuel Eto’o, qu’on l’apprécie ou non, a vu son institution reléguée au rang de figurant, informée après coup, par écrans interposés, d’une décision majeure. Ce n’est pas un affront personnel, c’est un camouflet institutionnel.
Et que dire de ces nominations VAR répétitives, presque obsessionnelles, qui transforment l’outil de justice en source permanente de soupçon ? À force de reconduire les mêmes hommes, la CAF fabrique du doute à la chaîne.
Ce soir, quel que soit le résultat, la CAN 2025 sort déjà affaiblie. Car lorsqu’un match commence dans la défiance, il ne peut s’achever dans la grandeur. Le football africain méritait mieux qu’un arbitrage sous influence. Il récolte, une fois encore, la défiance qu’il n’a pas su prévenir.
Mireille Ngosso
