Yaoundé, le 3 février 2026 – C’est un appel à l’action et à la responsabilité qui a retenti hier au ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU). À l’occasion du lancement officiel des projets transférés aux communes des régions du Centre, du Sud et de l’Est pour l’exercice 2026, le ministre a, avec fermeté, exhorté les élus locaux à concrétiser sans délai les transferts budgétaires. Un impératif de résultat qui vise à tourner la page des lenteurs et dysfonctionnements passés.
Un engagement financier substantiel
Pour l’année 2026, le gouvernement a alloué près de 9 milliards de F CFA à 145 communes camerounaises dans le cadre de ce programme de transfert de crédits. Les régions du Centre, du Sud et de l’Est se voient attribuer la part conséquente de 3,213 milliards de F CFA, destinée à booster le développement de 73 communes. Ces fonds, comme l’a rappelé le ministre, sont exclusivement dédiés aux « voiries, réseaux divers et aménagements d’espaces publics ». Ils incarnent, selon ses termes, « la cause nationale d’amélioration des conditions de vie des Camerounais », une priorité sans cesse martelée par le Chef de l’État, Paul Biya.
La vigilance face aux écueils du passé
Toutefois, la cérémonie de lancement a été marquée par un diagnostic sans concession des exercices antérieurs. Le ministre a dressé un tableau précis des « obstacles récurrents » qui ont entravé l’exécution dans ces trois régions : retards persistants dans les passations de marchés, lenteurs administratives dans les autorisations d’engagement, délocalisations intempestives de projets et modifications de leur objet en cours de route. S’y ajoute un problème de gouvernance : une collaboration insuffisante entre les mairies et les services déconcentrés de l’État, caractérisée par « l’exclusion des Délégués départementaux du MINHDU du suivi de proximité ».
« Ces manquements, hérités des exercices précédents, ne sauraient se reproduire », a-t-il insisté, soulignant que l’année 2026 se place sous la bannière de la « performance » exigée par le président de la République. Le message est clair : la période des atermoiements est révolue.
2026, année du tournant décisif
Face aux maires et aux responsables régionaux présents, le ministre a fixé le cap : l’année 2026 doit être celle de la concrétisation tangible et du changement de paradigme. Il a exigé une accélération immédiate des procédures pour garantir que les travaux commencent dans les délais les plus courts. « Les populations ne doivent plus attendre indéfiniment de voir les engagements se transformer en réalités sur le terrain », a-t-il lancé.
L’accent a été mis sur la nécessaire synergie d’action. Le ministre a explicitement ordonné l’implication systématique et dès les premières phases des Délégués départementaux du MINHDU, garants du respect des normes techniques et de la bonne utilisation des fonds publics. Cette exigence de transparence et de collaboration étroite vise à verrouiller le processus et à prévenir tout détournement ou inefficacité.
Une attente forte des populations
Cet important transfert de ressources répond à des besoins criants en matière d’infrastructures urbaines de base dans de nombreuses communes. L’amélioration de la voirie, de l’assainissement et des espaces publics est directement liée à la qualité de vie, à la salubrité et à l’attractivité économique.
En rappelant les maires à leurs responsabilités, le gouvernement entend donc répondre à une double exigence : celle de l’efficacité de l’action publique et celle de la reddition des comptes envers les contribuables. Le succès de cette opération dans les régions du Centre, du Sud et de l’Est sera scruté comme un test de la capacité de la décentralisation à produire des résultats concrets et visibles pour les Camerounais. La balle est désormais dans le camp des communes. L’exécution rapide et rigoureuse du budget 2026 sera la seule mesure de leur engagement.
Seudio Tchakounté Sandrine
