Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) peut-il se refaire une santé politique à l’occasion des prochaines élections municipales et législatives après le médiocre score de son leader, Cabral Libii, à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2025 ? Entre la présidentielle de 2018 et celle de 2025, Cabral Libii a perdu près de la moitié de ses électeurs en passant d’un score de 6,28 % à 3,41 %. Une contreperformance que le PCRN a bien l’intention d’endiguer lors des municipales et législatives prévues cette année.

Ce n’est pas étonnant que Cabral Libii attend avec impatience le début de cette nouvelle échéance électorale, comme on peut le constater sur ses réseaux sociaux où il multiplie les rappels pédagogiques en convoquant la Constitution. « Le mandat des Conseillers municipaux peut encore être prorogé de trois mois. Puisque le plafond légal est de 18 mois et que le 24 juillet 2024, il a été prorogé de 15 mois. Rappelant aussi que l’élection des conseillers municipaux doit avoir lieu 40 jours avant la date de fin du mandat et que le corps électoral doit aussi être convoqué 90 jours avant cette date. Tic tac. Encore deux semaines de mandat pour les Députés », écrit Cabral Libii.

Electeurs déçus

On observe aussi le même enthousiasme dans les états-majors du PCRN. Depuis le début de cette année, l’heure est à la mobilisation. Les responsables du PCRN ne cachent pas qu’ils préparent activement les prochaines échéances électorales. L’ambition est de remporter le maximum de sièges à l’Assemblée nationale et de contrôler encore plus de mairies à travers le pays. Cette stratégie repose sur un maillage local renforcé, une sélection plus rigoureuse des candidats et une campagne de proximité visant à reconquérir les électeurs déçus.

On se rappelle qu’à l’issue des élections législatives et municipales de février 2020, le PCRN avait réussi une percée notable en obtenant cinq députés. Une première pour ce parti depuis sa création. De même, le PCRN avait intégré une dizaine de communes en prenant le contrôle de plusieurs d’entre elles, comme celle très disputée d’Eseka dans le département du Nyong-et-Kelle (région du Centre). Ce département a d’ailleurs voté en la grande majorité pour les candidats du PCRN. L’autre ambition du parti de Cabral Libii cette année est d’étendre l’influence du PCRN en remportant des victoires loin du Nyong-et-Kelle

Concurrence

Plusieurs observateurs estiment toutefois qu’il sera difficile pour le PCRN de faire mieux qu’en 2020. D’abord dans le Nyong-et-Kelle où les candidats de ce parti, contrairement en 2020, vont devoir batailler avec ceux de l’Union des populations du Cameroun (UPC) très enraciné dans ce département. Ce parti ne cache pas d’ailleurs qu’il veut reconquérir la mairie d’Eseka.

En plus de cette concurrence qui s’annonce ardue, le PCRN va certainement souffrir de la mauvaise publicité faite à son leader. Cabral Libii est accusé, sans grandes preuves, de collusion avec le régime du président Paul Biya. La rumeur dit qu’il a touché la rondelette somme d’un milliard de FCFA pour cautionner la victoire de Paul Biya à la présidentielle de l’année dernière. Des rumeurs qui se répandent comme une trainée de poudre et qui incommodent les responsables du PCRN. Plusieurs cadres du PCRN ont déjà quitté le navire et Cabral Libii et ses camarades savent bien qu’ils jouent à quitte ou double lors de ces prochaines élections législatives et municipales.

Jean-Michel Bios

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