Yaoundé, 23 avril 2026 – À peine deux semaines après l’entrée en vigueur du nouveau système de collecte des recettes douanières sur les téléphones portables, le Cameroun enregistre un premier bilan encourageant. Entre le 1er et le 17 avril 2026, une cargaison totale de 29 000 téléphones portables a été déclarée aux services des douanes.
Ce chiffre a été dévoilé le 22 avril 2026 à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, lors d’une présentation de l’implémentation du nouveau dispositif. Depuis l’entrée en vigueur de la réforme le 1er avril, le nouveau mécanisme de collecte semble susciter l’adhésion des importateurs.
« Grâce au nouveau mécanisme de dédouanement, qui a délocalisé la frontière terrestre vers la frontière numérique, la contrebande est réduite à sa plus simple expression »,
se félicite Henri Bozard Toutou, chef du bureau principal des douanes de Yaoundé-Nsimalen. Selon lui, ce sont près de 10 000 appareils supplémentaires qui étaient encore en cours de dédouanement dans les magasins du site le 22 avril.
Cette réforme, rendue effective via le système d’information CAMCIS, vise à endiguer la chute vertigineuse des recettes douanières. En 2025, les droits perçus sur les terminaux mobiles n’atteignaient plus que 100 millions FCFA par mois, contre près de 2 milliards il y a vingt ans. En numérisant le paiement, l’État espère désormais collecter jusqu’à 25 milliards FCFA par an.
Le système oblige les importateurs à enregistrer les numéros IMEI de leurs lots dans la base de données douanière. Les téléphones non déclarés sont automatiquement bloqués par les opérateurs. Les touristes en roaming et les appareils déjà actifs avant le 1er avril bénéficient toutefois d’une amnistie fiscale.
Si l’administration se félicite de cette montée en puissance, certains acteurs économiques commencent à exprimer leurs réserves. C’est le cas d’Adamou Ali, importateur chevronné, qui salue l’initiative tout en émettant des critiques :
« Je crois que l’avènement de ce nouveau mécanisme va beaucoup nous aider au niveau de la contrebande. Cependant, le prix est un peu élevé, et cela risque de peser sur le consommateur final. »
Ce sentiment est immédiatement contredit par la Direction générale des douanes (DGD) : « Aucune nouvelle taxe n’a été instituée. Les valeurs réelles des téléphones ont été divisées par deux et ont bénéficié d’un abattement de 50 % », souligne la cellule de communication de la DGD, assurant que les prix sur le marché ne devraient pas augmenter.
En attendant, la plateforme reste accessible au public : via un site dédié ou un numéro de téléphone, tout acheteur peut désormais vérifier le statut fiscal d’un terminal avant de le régler, en entrant simplement son numéro IMEI. Une avancée majeure vers la transparence et la sécurisation du marché de la téléphonie mobile au Cameroun.
Emmanuel Ekouli
