Bibliothécaire de formation devenue éditrice, Pauline Ongono a fondé fin 2025 les Éditions Kadeï. En quelques mois, la jeune maison a déjà publié plusieurs ouvrages remarqués, portés par une exigence rare dans le paysage éditorial camerounais.

Une vie construite autour du livre

Avant de devenir éditrice, Pauline Ongono a occupé presque tous les postes qui gravitent autour d’un livre. Bibliothécaire, relectrice, coach littéraire, elle a aussi organisé des événements littéraires et présidé une association dédiée à la promotion de la lecture. En 2022, elle fonde Acolitt, une structure qui forme, accompagne et met en réseau auteurs, traducteurs, éditeurs et lecteurs, en Afrique comme dans la diaspora.

Cette expérience accumulée, elle finit par la mettre au service d’un projet plus personnel. Fin 2025, elle lance les Éditions Kadeï, une maison qu’elle veut exigeante autant sur le fond que sur la forme. Son ambition n’est pas de publier beaucoup, mais de publier bien, avec une attention particulière portée à la relecture, à la mise en page et à l’accompagnement des auteurs jusqu’à la parution.

Kadeï, une maison qui choisit la qualité

En moins d’un an d’existence, Kadeï s’est déjà constitué un catalogue de référence. Le premier titre marquant reste Le successeur, Yambong ou Fils Sacrifié, de Kengne Teta Jean Grégoire, un récit à mi-chemin entre l’autobiographie et la sociologie familiale, qui interroge le poids de la tradition et la crise que traverse aujourd’hui la figure du successeur dans les familles africaines.

La maison a aussi publié Les mots parlants, de Diane-Annie Tjomb, ainsi que La lumière des ancêtres, de Pierre Nantia, deux ouvrages qui confirment la place que Kadeï entend occuper dans la littérature camerounaise contemporaine. À ce catalogue s’ajoute Entre mère et épouse, l’histoire d’un homme partagé entre une mère combattante et des déboires de couple, signé Alain Fofack, un texte qui aborde avec sensibilité des tensions familiales souvent laissées dans le silence.

Pour une maison lancée il y a à peine quelques mois, ce n’est pas un mince résultat. Pauline Ongono explique volontiers que son objectif n’a jamais été de multiplier les titres, mais de construire, livre après livre, une ligne éditoriale reconnaissable, portée par des voix camerounaises qui méritent d’être lues au delà des frontières du pays.

Cette exigence rejoint une conviction plus large qu’elle défend depuis des années, celle d’une chaîne du livre où chaque métier compte, du relecteur au diffuseur. Une conviction qu’elle continue de porter, aujourd’hui depuis la maison d’édition qu’elle a créée, hier depuis les bibliothèques et les ateliers où elle a fait ses premières armes.

Léandre Wama

Spread the love

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *