L’affaire fait grand bruit entre Washington et Yaoundé. Un major de l’armée américaine d’origine camerounaise est accusé d’avoir mobilisé ses compétences militaires et des ressources financières au profit de groupes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun. Une nouvelle illustration de l’extension internationale du conflit.
Un officier sous enquête, entre dénégations et soupçons graves
Le major Kenneth Chungag, 50 ans, officier de l’US Army et infirmier basé à Fort Belvoir en Virginie, se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire sensible. Les autorités américaines l’accusent d’avoir tenté d’apporter un soutien financier et tactique à des combattants séparatistes camerounais.
Selon les éléments présentés par les procureurs, il aurait exploité son expérience militaire pour structurer une assistance susceptible de renforcer les capacités opérationnelles de ces groupes armés. Une accusation lourde que son avocat rejette catégoriquement, affirmant que son client est profondément surpris par ces allégations.
Arrêté en même temps que Mercy Akwi Ombaku, Kenneth Chungag a été remis en liberté après une première audience. Les procureurs n’ayant pas requis de détention provisoire, les deux suspects attendent désormais la suite de la procédure en liberté surveillée.
Une traque judiciaire qui s’intensifie aux États-Unis
Cette affaire s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis plusieurs années, les autorités américaines multiplient les enquêtes et les arrestations visant des individus soupçonnés de financer ou de coordonner des actions liées aux groupes séparatistes camerounais depuis l’étranger.
En 2023, Eric Nji, un Camerounais résidant dans le Maryland, a été condamné à 63 mois de prison fédérale pour avoir tenté d’acheminer des armes et des munitions via le port de Baltimore à destination de ces groupes.
D’autres figures de la diaspora ont également attiré l’attention des autorités. Chris Anu, leader séparatiste basé aux États-Unis, avait vu son domicile perquisitionné par une unité spéciale dans le cadre d’investigations approfondies. De son côté, Eric Tataw fait l’objet d’une inculpation pour conspiration en vue de soutenir des groupes armés et pour menaces contre des civils.
À travers ces dossiers, Washington envoie un signal clair. Le territoire américain ne saurait servir de base arrière à des activités susceptibles d’alimenter un conflit armé à l’étranger. Pour le Cameroun, ces procédures ravivent un débat sensible sur le rôle de la diaspora dans une crise qui, malgré la distance, continue de produire des ramifications internationales.
Ben Bagtik
