Yaoundé – À quelques semaines du coup d’envoi des championnats d’Afrique de kabaddi, prévu du 20 au 30 août prochain à Kinshasa, au Congo démocratique, l’équipe nationale camerounaise peaufine ses réglages. C’est sur l’esplanade du stade omnisports de Yaoundé que les Lions du kabaddi, une discipline encore méconnue du grand public camerounais, enchaînent les séances intensives sous les yeux de quelques curieux, de plus en plus nombreux.

Le kabaddi, sport collectif de contact né dans le sous-continent indien, connaît un essor remarquable en Afrique ces dernières années. Populaire en Inde, où des ligues professionnelles attirent des millions de téléspectateurs, ce jeu ancestral allie stratégie, endurance et puissance explosive. Le principe est simple mais exigeant : deux équipes de sept joueurs s’affrontent sur un terrain rectangulaire. Tour à tour, un raider (attaquant) pénètre dans le camp adverse. Son objectif : toucher un ou plusieurs défenseurs avant de regagner sa moitié de terrain. Pendant toute son incursion, il doit scander sans interruption « kabaddi, kabaddi » sans reprendre son souffle, prouvant ainsi sa maîtrise respiratoire. Les défenseurs, quant à eux, tentent de le plaquer et de l’immobiliser jusqu’à ce qu’il manque d’air.

« Beaucoup assimilent notre sport à un jeu de force brute, mais c’est avant tout une question de contrôle, d’anticipation et de souffle », explique le capitaine de la sélection camerounaise, essuyant la sueur après un exercice de raids répétés. « Le championnat d’Afrique est notre sésame pour une reconnaissance continentale. Nous savons que des nations comme l’Égypte ou le Kenya ont pris de l’avance, mais nous avons la jeunesse et la détermination. »

L’esplanade du stade omnisports de Yaoundé, habituellement animée par les matchs de football de quartier, est depuis deux semaines transformée en véritable dojo à ciel ouvert. Le sélectionneur national, un technicien indien venu spécialement pour transmettre son savoir, veille au grain. Les joueurs répètent les raids, les plaquages à deux mains, les crochets défensifs, sous un soleil de plomb.

La compétition de Kinshasa, qui réunira une dizaine de nations africaines, sera la première grande échéance officielle depuis l’intégration du kabaddi dans le programme des Jeux africains. Une victoire permettrait non seulement d’entrevoir une qualification aux championnats du monde, mais aussi de populariser davantage cette discipline encore confidentielle au Cameroun.

Les Lions du kabaddi espèrent marquer les esprits. D’ici là, le rythme des « kabaddi, kabaddi » résonne chaque soir sur le bitume chaud de l’esplanade, comme un mantra de préparation à la guerre qui les attend au bord du fleuve Congo. Rendez-vous fin août pour connaître le verdict du terrain.

Emmanuel Ekouli

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