Comment le pouvoir de Yaoundé musèle ses anciens fidèles et piétine les libertés fondamentales dans une dérive autoritaire inacceptable.
Ce jeudi, un scandale politique de plus vient secouer le Cameroun. Issa Tchiroma Bakary, figure emblématique de la vie politique nationale et ancien ministre, s’est vu interdire de quitter le territoire camerounais à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Motif invoqué ? Une prétendue “absence d’autorisation de sortie du territoire”. Une raison fallacieuse qui cache mal la véritable nature d’un régime de plus en plus répressif, prêt à humilier jusqu’à ses propres serviteurs.
Cette affaire, loin d’être un simple incident administratif, révèle une fois de plus les méthodes brutales et arbitraires d’un pouvoir accroché à ses privilèges, terrorisé par toute velléité de dissidence, même chez ceux qui lui ont été fidèles.
Un ancien pillier du régime jeté en pâture
Issa Tchiroma n’est pas n’importe qui. Pendant des années, il a servi le gouvernement camerounais avec loyauté, occupant plusieurs postes ministériels, dont celui de ministre de la Communication. Homme de terrain, il a souvent été la voix du régime, défendant bec et ongles les décisions du président Paul Biya.
Mais aujourd’hui, le voilà traité comme un criminel, bloqué comme un simple citoyen en disgrâce. Où est la reconnaissance ? Où est le respect dû à un homme qui a consacré des années de sa vie au service de l’État ?
La réponse est simple : dans la dictature, il n’y a pas de fidélité qui tienne. Seul compte le contrôle absolu.
Une autorisation de sortie ? Un prétexte pour asphyxier les opposants
Les autorités camerounaises justifient ce blocage par un “défaut d’autorisation de sortie”. Mais qui peut croire cette fable ? Depuis quand un ancien ministre, un homme ayant détenu des responsabilités nationales, doit-il demander la permission pour voyager ?
Cette mesure, officiellement présentée comme une formalité administrative, est en réalité une arme politique. Elle sert à museler, à intimider, à rappeler à tous – y compris aux anciens membres du système – que personne n’est à l’abri des caprices du pouvoir.
C’est une méthode éprouvée :
- En 2023, des opposants et journalistes ont été interdits de voyage sans explication.
- En 2021, des membres de la société civile se sont vu confisquer leurs passeports à l’aéroport.
- Aujourd’hui, c’est au tour d’un ex-ministre.
La machine répressive ne fait pas de différence. Elle broie tout sur son passage.
Un message clair à l’élite camerounaise : “Soumettez-vous ou subissez”
En ciblant Issa Tchiroma, le régime envoie un avertissement glaçant à toute la classe politique :
“Même vous, anciens fidèles, vous n’êtes pas à l’abri. Un faux pas, une parole déplacée, et vous rejoindrez les rangs des parias.”
Cette logique de la peur est typique des régimes autoritaires. Elle rappelle les heures sombres de la chasse aux sorcières, où personne n’était à l’abri d’une disgrâce soudaine.
Mais jusqu’où ira cette paranoïa ?
La communauté internationale doit réagir
Il est temps que la communauté internationale ouvre les yeux sur la dérive totalitaire du Cameroun. Les partenaires du pays – l’Union Africaine, la France, les États-Unis, l’Union Européenne – ne peuvent plus fermer les yeux sur ces violations répétées des droits fondamentaux.
- Où sont les condamnations fermes ?
- Où sont les sanctions contre les responsables de ces abus ?
Le silence complice des diplomaties équivaut à une validation tacite de ces pratiques indignes.
Le Cameroun étouffe, mais la résistance grandit
L’affaire Issa Tchiroma n’est pas un incident isolé. C’est le symptôme d’un mal bien plus profond : un régime qui, sentant son déclin, se raidit dans la répression.
Mais l’histoire nous l’a enseigné : plus un pouvoir se radicalise dans la tyrannie, plus il sème les graines de sa propre chute.
Aux camerounais, aux africains, au monde entier, nous lançons cet appel :
Ne laissez pas le silence couvrir cette injustice. Exigez la liberté pour Issa Tchiroma. Exigez le respect des droits humains. Exigez un Cameroun où nul ne sera plus jamais bloqué à l’aéroport pour avoir simplement voulu exercer son droit fondamental de circuler.
Le combat continue. La honte doit changer de camp.
Mohaman Bello
