Issa Tchiroma Bakary peut-il assumer son statut de leader de l’opposition camerounaise ? Difficile à dire, bien que des doutes persistent sur sa capacité à garder intact son influence dans le landernau politique camerounais. Pour cause, le deuxième homme de la dernière élection présidentielle, remportée par Paul Biya, va certainement pâtir de l’éloignement.

Au lendemain de ce scrutin présidentiel, Issa Tchiroma Bakary avait pris le chemin de l’exil. D’abord au Nigeria voisin avant de s’installer à Banjul en Gambie. Même s’il ne l’avoue pas, le leader du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) a de la peine à coordonner ses troupes dans ces conditions.

De sources certaines, Issa Tchiroma Bakary ne s’avoue pas pour autant vaincu. Autant qu’il le peut, l’opposant maintient le contact avec ses soutiens. Il a aussi l’intention de continuer de peser dans le débat public. Un pari loin d’être gagné. Car son absence prolongée alimente les interrogations. Certains cadres historiques du FSNC doutent désormais de sa capacité à reprendre la main. D’autres, plus critiques, estiment que le retour de Tchiroma au Cameroun apparaît aujourd’hui quasi impossible, tant les obstacles politiques et judiciaires semblent nombreux.

Plus grave, dans son bastion traditionnel, dans la ville de Garoua (région du Nord), le vide ne reste pas longtemps inoccupé. Une absence bien remarquée par ses adversaires politiques, qui ont l’intention d’en profiter. A commencer par Bello Bouba Maigari. L’ancien ministre de Paul Biya, passé à nouveau dans l’opposition, multiplie les initiatives de terrain et consolide des soutiens. Il n’est pas le seul. Yerima Dewa, ancien cadre du FSNC, capitalise sur sa connaissance de l’appareil du parti pour séduire les militants en quête de leadership. Même le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) de Paul Biya n’est pas de reste. Ce parti intensifie sa présence et ses actions dans la région, profitant de l’affaiblissement du FSNC pour renforcer son implantation.

Jean-Michel Bios

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