La Caisse Autonome d’Amortissement vient de franchir un cap important en portant son choix sur le cabinet UHY BBI Advisory & Audit pour assurer la mission de commissaire aux comptes. Derrière cette décision, une lecture claire de ce que la rigueur comptable exige lorsqu’il s’agit de rendre compte des engagements financiers de toute une nation.

Une désignation qui ne doit rien au hasard

Le conseil d’administration de la Caisse Autonome d’Amortissement, réuni en session extraordinaire au début du mois de mai 2026, a officiellement désigné le cabinet UHY BBI Advisory & Audit comme commissaire aux comptes de l’institution. Cette désignation fait d’Isaac Joël Bela Belinga, expert-comptable et associé signataire du cabinet, le professionnel dont le sceau va désormais valider la situation de la dette publique de la République du Cameroun.

Ce n’est pas une nomination symbolique. La Caisse Autonome d’Amortissement est l’institution publique qui assure, depuis sa création par décret en 1985, la gestion de l’ensemble des fonds d’emprunts de l’État et de ses démembrements. Elle assure également le secrétariat permanent du Comité national de la dette publique. En d’autres termes, c’est à travers elle que transite la mécanique financière qui permet à l’État camerounais de mobiliser des ressources, d’honorer ses engagements extérieurs et de piloter sa politique d’endettement. Confier l’audit de cette structure à un cabinet donné, c’est affirmer que la transparence sur l’état des finances publiques sera assurée avec toute la rigueur que cette responsabilité implique.

Le cabinet UHY BBI Advisory & Audit n’est pas un entrant dans ce type de mission. Il s’est imposé progressivement comme l’un des acteurs les plus crédibles de l’espace comptable camerounais et régional, avec une présence établie dans plusieurs pays. Cette stature internationale n’est pas étrangère au choix arrêté par le conseil d’administration de la CAA.

Un parcours forgé dans les standards internationaux

Isaac Joël Bela Belinga est un expert-comptable dont le profil traverse plusieurs ordres professionnels, ce qui est rare et significatif. Membre de l’Ordre national des Experts comptables du Cameroun et du Gabon, de l’Ordre des Experts comptables de Paris ainsi que de la Compagnie régionale des Commissaires aux comptes de Paris, il est également membre de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec au Canada, où il détient les titres de CPA et CPA auditeur. Son diplôme de comptabilité et de gestion, le DSCG, a été acquis dans les prestigieuses universités et écoles supérieures de commerce françaises.

Cette pluralité d’appartenances n’est pas un simple ornement biographique. Elle traduit une trajectoire construite sur les standards comptables les plus exigeants du monde, ceux que les marchés financiers internationaux prennent pour référence lorsqu’ils évaluent la fiabilité d’une information financière. Pour un pays comme le Cameroun, dont la crédibilité sur les marchés de capitaux est directement liée à la qualité de l’information financière qu’il produit, avoir à la tête de l’audit de sa dette publique un professionnel de ce calibre constitue un signal fort envoyé aux partenaires financiers.

Son parcours opérationnel illustre cette même exigence. Isaac Joël Bela Belinga a réalisé l’audit du modèle financier du contrat de financement, de construction et d’exploitation des 14 postes de péages automatiques au Cameroun, une mission complexe à la croisée de la finance de projet et de la gestion des infrastructures publiques. Il a accompagné le ministère camerounais des Finances sur les problématiques liées à la gestion des entreprises publiques et a formé les responsables de la Direction générale du Budget. Il a contribué à la révision de l’Acte uniforme OHADA en qualité de signataire, et a conduit des missions d’audit au Fonds routier du Cameroun, à la Cameroon Telecommunications, au Port autonome de Kribi et au Port autonome de Douala.

Ce périmètre d’interventions dessine le profil d’un professionnel qui connaît de l’intérieur les rouages de l’économie publique camerounaise, ses forces et ses zones de vulnérabilité, ses normes formelles et ses pratiques réelles. C’est précisément cette connaissance incarnée qui donne de la substance à une mission de commissaire aux comptes dans une institution aussi stratégique que la CAA.

La CAA à l’heure de la transparence financière

La Caisse Autonome d’Amortissement occupe une position singulière dans l’architecture des finances publiques camerounaises. Placée sous la tutelle technique et financière du ministère des Finances, dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, elle est à la fois un outil de gestion de la dette et un acteur central du dialogue entre le Cameroun et ses créanciers internationaux.

Ses attributions sont larges et stratégiques. Soumettre au ministre des Finances les analyses prospectives relatives à la politique d’endettement du pays, contribuer à la recherche et à la négociation des financements extérieurs et intérieurs de l’État, étudier les demandes d’aval et de rétrocession des prêts, évaluer et assurer le service de la dette, gérer le marché des capitaux, rendre compte des opérations réalisées dans le cadre des accords de financement internationaux. Autant de fonctions qui supposent une information financière irréprochable et un regard extérieur indépendant capable d’en certifier la sincérité.

C’est dans ce contexte précis que la désignation d’un commissaire aux comptes d’envergure internationale prend tout son sens. Elle s’inscrit dans une logique de renforcement de la confiance, à l’heure où le Cameroun s’attache à consolider sa position sur les marchés financiers régionaux et internationaux, et à démontrer que ses institutions sont capables de produire une information publique à la hauteur des exigences contemporaines de gouvernance financière.

La nomination d’Isaac Joël Bela Belinga et du cabinet UHY BBI Advisory & Audit ne sera donc pas seulement regardée depuis Yaoundé. Elle sera observée depuis les capitales financières qui suivent l’évolution de l’endettement public des économies africaines. Et dans ce registre, la discrétion légendaire de l’expert-comptable n’empêche pas que son travail, lui, parle à voix haute.

Baltazar Atangana

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