Ce dimanche 16 août 2026 restera à jamais gravé dans le marbre du football camerounais. Au stade Moulay El Hassan de Rabat, devant un public enflammé, les Lionnes Indomptables ont terrassé le Malawi (3-0) pour offrir à la nation son tout premier titre de championne d’Afrique. Un récital de maîtrise et de panache, couronné par un raz-de-marée de distinctions personnelles qui propulse la génération dorée au Panthéon du sport continental.

Il est 19 heures, heure locale, lorsque l’arbitre siffle la fin de la rencontre. Un cri primal, venu des tribunes et des dizaines de milliers de foyers camerounais, embrase la nuit rabatie. Les Lionnes Indomptables viennent de terrasser l’histoire. Face à des Malawites courageuses mais impuissantes, la sélection nationale a livré une partition parfaite, un « récital bien exécuté » selon les mots du président de la République, Paul Biya, qui n’a pas tardé à saluer sur les réseaux sociaux ces « valeureuses, talentueuses et intrépides » guerrières.

Dès l’entame, la machinerie camerounaise fait tilt. Marie-Gisèle Divine Ngah Manga, l’attaquante au regard de feu, va allumer la mèche. À la 20e minute, sur un service millimétré de Naomi Eto, elle reprend le ballon en pleine course et fusille la gardienne malawite d’une frappe croisée imparable. Le stade exulte, les coéquipières s’agglutinent autour de la buteuse, mais l’histoire ne fait que commencer.

L’intenable duo Ngah Manga-Eto continue son numéro de haute voltige. Juste avant la pause, dans le temps additionnel (45e+3), la même combinaison fatale : Naomi Eto, véritable poison sur son aile, élimine sa défenseure et centre en retrait pour Ngah Manga qui, d’une reprise de volée, signe un doublé phénoménal. 2-0. Le Malawi est K.-O. debout. Mais les Lionnes veulent enfoncer le clou. Et c’est l’architecte du jour, Naomi Eto, qui va parachever l’œuvre sur une action personnelle, slalomant dans la défense adverse avant d’ajuster la dernière rempart (3-0). Un score sans appel qui scelle la première étoile du football féminin camerounais.

Au-delà du collectif, c’est un véritable triomphe individuel qui vient couronner cette génération. La finale aura été le théâtre d’une consécration logique : Marie-Gisèle Divine Ngah Manga, double buteuse du jour, est logiquement élue meilleure joueuse de la finale. Mais son palmarès personnel ne s’arrête pas là. Avec cinq réalisations dans la compétition, elle termine co-meilleure buteuse du tournoi, confortant son statut de serial scorer.

Dans les cages, Michaely Bihina a réalisé une CAN de haute volée. Impériale, décisive, elle repart avec le trophée de meilleure gardienne de la compétition. Mais le Graal suprême, le titre de meilleure joueuse du tournoi (MVP), a été décerné à la milieu de terrain Monique Ngock. Une récompense qui sacre son impact phénoménal au milieu de terrain, véritable métronome de l’équipe, récupératrice et distributeuse, qui a su faire tourner le jeu et éteindre les ardeurs adverses.

« C’est un rêve éveillé, confiait Ngock au micro de la CAF, le trophée d’MVP dans une main et le sourire aux lèvres. Nous savions que nous avions la qualité pour aller au bout. Ce titre est pour tout un peuple, pour les générations qui nous ont précédées et pour celles qui viendront. Nous avons montré que le football féminin camerounais est une puissance qui compte. »

Ce sacre est l’aboutissement d’un travail de longue haleine, d’une fédération qui a su structurer son football féminin, et d’un staff technique qui a insufflé une mentalité de gagnant. Les Lionnes ont survolé la compétition, ne laissant que des miettes à leurs adversaires, et cette finale est la cerise sur un gâteau déjà savoureux.

Sur X (anciennement Twitter), les hommages pleuvent. Celui du chef de l’État a eu l’effet d’une onde de choc positive, unissant tout un pays autour de la fierté nationale. « Félicitations à nos Lionnes indomptables pour ce magnifique trophée. Vous avez écrit la plus belle page de notre histoire sportive. La Nation est fière de vous », a-t-il écrit, saluant un « récital bien exécuté ».

D’autres personnalités politiques, sportives et artistiques ont emboîté le pas, transformant la toile en un gigantesque cri de joie collective. De Douala à Maroua, en passant par Yaoundé, les célébrations ont débuté avant même le coup de sifflet final, et les klaxons ne devraient pas cesser avant plusieurs jours.

Les Lionnes Indomptables viennent de marquer les esprits. Elles ne sont plus seulement des compétitrices, elles sont des légendes. En s’imposant avec cette autorité et ce talent, elles ont non seulement conquis le toit de l’Afrique, mais ont aussi ouvert les portes d’une nouvelle ère pour le football féminin au Cameroun. Ce 16 août 2026 est un jour de gloire, un jour où l’histoire s’est écrite en lettres d’or, portée par des guerrières qui ont su allier le génie au courage. Le continent s’incline, et le Cameroun est champion d’Afrique.

Edwige Christine Mekoui à Yaoundé

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