Sacrée le 4 novembre 2023 à seulement 19 ans, Nyota Weshanga, originaire de la province du Mai-Ndombe, est entrée dans l’histoire en devenant la toute première Femina Miss Congo. Entre mannequinat, actions écologiques et lancement de sa propre marque de maquillage, elle incarne une nouvelle génération de miss engagées et ambitieuses.
Elles étaient douze, venues des quatre coins de la République démocratique du Congo, à concourir sous le thème évocateur « Les Gardiennes de la nature ». Ce soir-là, à Kinshasa, c’est Nyota Weshanga qui a marqué les esprits. Élue première Femina Miss Congo – une compétition alors dénommée Miss Écologie RDC – la jeune femme de 19 ans a su séduire par son charisme, sa prestance et sa vision : mettre la beauté au service d’une cause.
Originaire de la province du Mai-Ndombe, une région riche en biodiversité mais souvent négligée, Nyota porte haut les couleurs de sa terre natale. Son sacre a d’ailleurs une forte dimension symbolique : elle est la première représentante de cette province à remporter un tel titre. À ses côtés, Ange Masini (Kasaï Oriental) et Princesse Atara (Kinshasa) ont été respectivement première et deuxième dauphines, formant un trio de jeunes femmes résolument tournées vers l’avenir.
Un règne sous le signe de l’écologie
Pendant son année de règne, Nyota Weshanga n’a pas attendu pour agir. Le concours étant axé sur la protection de l’environnement, elle a multiplié les actions de sensibilisation : plantations d’arbres, campagnes de nettoiement dans les écoles et conférences sur les gestes éco-responsables. « La beauté ne se limite pas à l’apparence, elle doit avoir un impact positif sur le monde qui nous entoure », a-t-elle confié à plusieurs reprises.
Son objectif initial était de représenter la RDC à Miss Écologie Internationale 2024, une compétition qui lui aurait offert une scène mondiale pour porter la voix des gardiennes de la nature congolaises. Malheureusement, l’événement a été annulé après trois reports successifs. Un contretemps que Nyota a transformé en opportunité : plutôt que de baisser les bras, elle a décidé de réinvestir son énergie ailleurs, dans l’entrepreneuriat et la mode.
De la passerelle au salon de beauté
Dès la fin de son règne, Nyota Weshanga a mis à profit sa notoriété naissante pour développer ses propres activités. Passionnée par l’esthétique et l’univers du soin, elle a lancé « Make-up by Nyota », une marque proposant des services de maquillage à domicile. Rapidement, la demande a grimpé, poussant la jeune femme à élargir son offre : elle propose désormais également des prestations de manucure et prépare l’ouverture imminente de son propre salon de coiffure à Kinshasa.
Parallèlement, sa carrière de mannequin décolle. Nyota a collaboré avec plusieurs marques et photographes de renom, notamment l’enseigne internationale LC Waikiki, et a défilé lors du One Fashion Festival 2025, l’un des événements mode les plus attendus de l’année en RDC. Ces expériences lui permettent de concilier deux univers qu’elle refuse d’opposer : celui de la grâce esthétique et celui de l’action concrète.
Un modèle pour la jeunesse congolaise
À 21 ans aujourd’hui, Nyota Weshanga incarne une féminité moderne, indépendante et responsable. Elle prouve que l’on peut être à la fois reine de beauté, militante écologiste et cheffe d’entreprise. Dans un pays où les jeunes femmes manquent souvent de modèles professionnels accessibles, son parcours envoie un signal fort : avec de la détermination, il est possible de transformer un titre honorifique en tremplin pour des projets durables.
Son prochain défi ? L’ouverture de son salon de coiffure, qu’elle veut comme un espace inclusif et formateur, où de jeunes coiffeuses pourront se former. « Mon rêve est de créer un réseau de petites entreprises de beauté portées par des femmes, dans chaque province », glisse-t-elle.
Nyota Weshanga n’est pas seulement une miss : c’est une bâtisseuse. Et si la première Femina Miss Congo reste dans les mémoires, ce n’est pas seulement pour sa couronne, mais pour ce qu’elle en a fait.
Alain.Ndanga
