C’est par la plume d’Agnès Cyrille Nkolo, press relation manager du groupe Eximia, que cette conférence académique est portée à la connaissance du public. Prévue le jeudi 29 mai 2026 à partir de 13 heures, en salle 4 du bâtiment D du campus de Ngoa-Ekelé de l’Advanced School of Mass Communication de Yaoundé( ESSTIC), l’événement réunit étudiants, chercheurs et professionnels de la communication autour d’une question qui dépasse largement les murs de l’amphithéâtre. Comment une nation construit-elle sa réputation dans un monde où l’influence se gagne par la culture, l’éducation et les médias bien plus que par la force ?

Il existe des conférences nées d’une obligation académique et d’autres portées par une conviction. Celle qu’organise le groupe Eximia à l’Advanced School of Mass Communication de Yaoundé semble appartenir résolument à la seconde catégorie. Dix étudiants de troisième année en communication d’entreprise ont choisi, pour leur projet de promotion, de s’attaquer à l’une des questions les plus structurantes des relations internationales contemporaines. Elle n’est pas nouvelle, mais elle reste en suspens et, dans le contexte camerounais, largement sous-traitée. Comment un pays forge-t-il et entretient-il une image forte à l’étranger lorsque les instruments traditionnels de la puissance ne racontent qu’une partie de l’histoire ?

Le thème retenu, « Building Reputation. Soft Power in the Service of Multilateral Cooperation », s’inscrit dans une tradition de pensée dont les fondements remontent aux travaux du politologue Joseph Nye, qui théorisait le concept de soft power à la fin des années 1980. L’idée est à la fois simple et exigeante. Un pays qui attire, inspire et convainc par son rayonnement culturel, ses institutions universitaires et sa présence médiatique accumule une forme d’influence que ni les sanctions ni les budgets militaires ne peuvent aisément reproduire. Pour le Cameroun, pays doté d’une scène musicale vivante, d’une culture footballistique à audience continentale et d’un tissu universitaire en pleine expansion, la question de savoir comment convertir ces atouts en influence durable à l’échelle internationale est aussi opportune que stratégique.

Quatre voix pour une seule conversation

Pour alimenter cette réflexion, le groupe Eximia a constitué un panel de quatre intervenants aux profils complémentaires. M. Raphaël Mounchangou, M. Jean Patrice Koe Jr, M. Andegua Stéphane Bertrand et M. Testelin Nana sont attendus pour apporter des perspectives croisées sur une discussion qui embrassera la musique, la culture, le sport, l’éducation et les médias comme instruments de projection nationale. Le format en panel traduit une volonté de dépasser la conférence magistrale pour aller vers un véritable échange, invitant le public à participer plutôt qu’à simplement écouter. L’événement est pensé pour accueillir des étudiants en sciences de l’information et de la communication, des chercheurs, des professionnels de la communication, des acteurs culturels et des praticiens des médias, ce qui reflète une conviction forte. Le soft power ne se construit pas par les gouvernements seuls.

Ce choix de composition mérite attention. En réunissant des voix issues du monde académique, de la pratique professionnelle et du champ culturel, les organisateurs défendent implicitement l’idée que le soft power relève d’une responsabilité partagée entre secteurs. Les ministères des affaires étrangères élaborent les narratifs officiels. Les artistes et les sportifs les portent dans le monde, qu’ils le veuillent ou non. Les journalistes et les professionnels des médias façonnent les cadrages. Et les spécialistes de la communication, catégorie dans laquelle ces étudiants se préparent à entrer, sont de plus en plus attendus sur leur capacité à saisir comment ces niveaux s’articulent. La conférence est, en ce sens, une répétition générale pour une réalité professionnelle qui les attend.

Eximia. L’excellence comme point de départ

Le nom du groupe est tiré du latin eximius, qui signifie excellence. C’est un choix délibéré et, tout porte à le croire, une exigence que les dix membres se sont eux-mêmes fixée. Organiser une conférence académique de cette envergure ne demande pas seulement de l’enthousiasme. Cela exige une coordination logistique, un travail de relations presse, une gestion des intervenants et une capacité à formuler des idées complexes devant un public diversifié. Qu’Agnès Cyrille Nkolo et ses collègues le fassent en tant qu’étudiants, dans le cadre institutionnel de l’Advanced School of Mass Communication, dit quelque chose de la qualité du milieu de formation et de leurs propres ambitions.

Le jeudi 29 mai 2026, à partir de 13 heures, en salle 4 du bâtiment D du campus de Ngoa-Ekelé de l’Advanced School of Mass Communication, Eximia ouvrira une conversation qui mérite de déborder largement de la salle. Les questions qui en constituent le cœur sont celles que les ambassades, les instituts culturels et les agences de communication affrontent au quotidien. Que dix étudiants aient décidé de les poser en premiers est, en soi, un acte d’ambition. La qualité des réponses appartient à l’après-midi.

Agnès Cyrille Nkolo

Spread the love

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *