Absent des octogones depuis plus de dix-huit mois, le « Predator » camerounais s’apprête à retrouver la lumière à Los Angeles, le 16 mai prochain. Face au Brésilien Philipe Lins, Francis Ngannou ne défendra aucune ceinture. À bientôt 40 ans, le colosse livre une tout autre bataille : celle d’un homme libre, conscient que le temps presse, mais toujours habité par une faim intacte.
La liberté comme seul cadre
C’est un Francis Ngannou détendu qui s’exprime, à quelques semaines de son combat de MMA contre Philipe Lins. Libéré des contraintes des grandes ligues, l’ancien champion poids lourds de l’UFC assume pleinement son statut d’indépendant. « Pourquoi être dans une ligue de combat ? Pourquoi cette convention sociale, cette contrainte ? J’ai la liberté d’être où je veux et de faire ce que je veux », lance-t-il, comme un manifeste.
Plus question de courir après des ceintures. « J’en ai quelques-unes à la maison. C’est le combat en lui-même qui m’intéresse », explique le Camerounais. Une philosophie qui ne l’empêche pas d’envisager un retour ponctuel dans une organisation, à condition que le contrat lui convienne. « Ce n’est pas une nécessité », prévient-il.
Jon Jones, la Maison Blanche… et l’Afrique
Évoquait-on une possible participation à la journée de combats UFC organisée à la Maison Blanche le 14 juin ? Ngannou coupe court : « Ça ne m’intéresse pas. » Le véritable objet de son intérêt reste un affrontement avec Jon Jones, champion invaincu de l’UFC. « Je le combattrais n’importe où. Et si j’avais un choix à faire, ce serait en Afrique », affirme-t-il, renouant avec son rêve d’organiser un événement historique sur son continent.
« Ce n’est pas mon âge qui combat »
À quelques mois de ses 40 ans, Francis Ngannou balaie d’un revers de main le discours sur la prétendue limite d’âge. « Quels sont les critères d’une date limite ? Ce n’est pas mon âge qui combat », rappelle-t-il. Et de convoquer son propre parcours : découverte du MMA à 27 ans, un âge que beaucoup jugent déjà tardif, puis un titre mondial conquis malgré tout. « Ce qui est important, c’est la santé, la volonté, la détermination. »
Une volonté qu’il dit ressentir chaque jour, à l’entraînement, jusqu’à l’épuisement. « Quand ça devient dur, on se demande si on veut continuer. Le jour où la réponse ne sera pas “oui”, je raccroche. »
Une fenêtre ouverte, mais pour combien de temps ?
L’heure n’est toutefois pas à l’illusion. Le « Predator » sait que chaque combat pourrait être l’un de ses derniers. « Je me dis que ma fenêtre reste ouverte, mais pour pas très longtemps. Donc autant en profiter pour ne pas regretter demain », confesse-t-il. Une manière de savourer chaque instant, chaque séance, chaque affrontement, avant que le corps ou l’esprit ne disent stop.
Le 16 mai, à Los Angeles, le public ne verra pas un ancien champion en quête de rédemption, mais un homme libre, affamé, pleinement maître de son destin. Et si cette soirée devait être l’une des ultimes, Ngannou promet de la vivre sans rien retenir.
À Los Angeles, le combat n’aura peut-être pas d’enjeu de titre. Mais pour Francis Ngannou, il en aura un, bien plus personnel : celui de partir sans regret, la tête haute et les poings chauds.
Emmanuel Ekouli
