Le 27 février dernier, les projecteurs étaient braqués sur le Palais des sports de Yaoundé où se tenait la cérémonie du Ballon d’or. Faste et paillettes étaient au menu de cette cérémonie sublimée par la présence de la première dame du Cameroun, Chantal Biya.

Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), n’a pas hésité de mettre les petits plats dans les grands. Les critiques ne manquent pas pour autant.

Des acteurs du football local n’hésitent plus à présenter le Ballon d’or comme l’arbre qui cache la misère du championnat local, qui peine à se professionnaliser comme l’avait promis Samuel Eto’o avant son élection en décembre 2021. « Derrière les paillettes et les récompenses individuelles, le football camerounais agonise, miné par des problèmes structurels persistants et une gestion qui peine à convaincre », confie un responsable de club.

A bien regarder de près, cette pique n’est pas une accusation futile. Depuis quatre ans que Samuel Eto’o est à la tête de la Fecafoot, des témoignages et des rapports concordants font état de « salaires impayés » qui s’accumulent mois après mois. Ce qui condamne les joueurs à vivre dans la précarité. « Comment exiger performance et engagement de la part de ceux dont les familles peinent à se nourrir ? Cette situation démoralisante vide les stades de leur substance et les joueurs de leur passion », rapporte notre source.

Par ailleurs, les clubs sont au bord de l’asphyxie. En cause : des budgets faméliques, des infrastructures délabrées et un manque criant de soutien. Ces clubs survivent plus qu’ils ne prospèrent. Pourtant, à l’arrivée de Samuel Eto’o à la Fecafoot, les présidents des clubs avaient fondé de nombreux espoirs. Ils s’attendaient surtout à voir les sponsors se bousculer attirés grâce à l’entregent de l’ancien buteur du FC Barcelone. Il n’en a rien été. « L’absence de sponsoring attractif et une mutualisation des ressources inefficace les condamnent à une pauvreté chronique, rendant toute professionnalisation illusoire », poursuit notre source.

Jean-Michel Bios

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