À partir du 2 avril 2026, la ville de Douala passe à la vitesse supérieure dans sa politique de régulation du transport motorisé à deux roues. Le maire, le Dr Roger Mbassa Ndine, a annoncé ce 30 mars une série de mesures radicales alliant contrôles inopinés et sanctions immédiates, ciblant en priorité les quartiers d’Akwa, Bali et Bonapriso. Objectif affiché : mettre fin à l’anarchie et instaurer un ordre urbain durable dans la capitale économique.
C’est un ton martial que le maire de Douala, le Dr Roger Mbassa Ndine, a adopté ce lundi 30 mars 2026, lors d’une déclaration solennelle depuis son cabinet. Alors que les défis de la mobilité et de la salubrité restent au cœur des préoccupations des quelque 5 millions d’habitants de la métropole, l’édile a annoncé le déclenchement d’une « nouvelle phase offensive » dans la bataille pour l’assainissement du secteur des motos-taxis, communément appelés « bend skins ».
À compter du vendredi 2 avril 2026, les artères des quartiers huppés et stratégiques d’Akwa, Bali et Bonapriso deviendront le théâtre d’opérations de contrôle systématiques et inopinées. Ces opérations seront menées conjointement par la Police Municipale et les Ambassadeurs du Bon Ordre Urbain, une unité spécialisée mise en place par la mairie pour traquer les incivilités. Selon le communiqué de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), cette vague de vérifications ne se limitera pas à une simple verbalisation, mais s’inscrira dans une logique de « tolérance zéro ».
Deux régimes juridiques, deux exigences distinctes
Le maire a tenu à clarifier les règles du jeu, qui distinguent désormais strictement l’usage commercial de l’usage privé des deux-roues. Pour les conducteurs exerçant une activité de transport rémunéré de personnes, la loi municipale impose désormais deux prérequis non négociables. Le premier est la présentation de l’attestation d’enrôlement sur la plateforme numérique de la Communauté Urbaine. Ce dispositif vise à recenser l’ensemble des acteurs du secteur afin de lutter contre le travail informel et les réseaux parallèles. Le second est le port obligatoire du chasuble homologué, qui doit être visible et conforme aux normes délivrées par la CUD.
Quant aux usagers circulant à titre personnel, ils ne sont pas exemptés de ces contrôles. Ces derniers devront justifier de la parfaite régularité de leurs documents administratifs, à savoir le permis de conduire, la carte grise (certificat d’immatriculation) et l’attestation d’assurance en cours de validité.
Mise en fourrière immédiate : une sanction sans appel
L’annonce qui a le plus retenu l’attention, et qui suscite déjà des remous au sein des syndicats de motocyclistes, concerne la rigueur des sanctions. Le Dr Roger Mbassa Ndine a averti qu’aucun sursis ne serait accordé : tout contrevenant, qu’il soit professionnel ou particulier, s’expose à une mise en fourrière immédiate de son véhicule. « La restitution du deux-roues sera strictement subordonnée à une régularisation préalable de la situation administrative du conducteur », a précisé le maire, coupant court à toute tentative de corruption ou de marchandage.
Cette mesure de fermeté, justifiée par l’édile, repose sur un constat d’échec des approches précédentes. Malgré les campagnes de sensibilisation et les précédents coups de filet, la circulation anarchique, les stationnements sauvages et le non-respect du code de la route continuent de paralyser la circulation et de générer de nombreux accidents. Le maire a également souligné la nécessité de garantir la sécurité publique, rappelant que certains acteurs indélicats utilisent l’engin à des fins criminelles.
Vers un ordre urbain durable
L’opération qui débute ce jeudi ne se veut pas uniquement répressive. La CUD affirme vouloir instaurer un « ordre urbain durable » dans la capitale économique. Les quartiers ciblés – Akwa, centre des affaires et des administrations ; Bali, zone résidentielle et commerciale très dense ; Bonapriso, vitrine huppée de la ville – constituent des zones-test où la pression est la plus forte en matière de mobilité.
Pour les responsables de la Police Municipale, ces contrôles seront quotidiens et leur périmètre pourrait s’étendre à d’autres zones de la ville si les résultats sont probants. « Il ne s’agit pas d’un coup de com’, mais d’un changement de paradigme. Nous allons traquer les motos non conformes jusque dans les artères secondaires », a confié une source proche du dossier.
Alors que la date butoir du 2 avril approche, la tension monte dans les parcs à motos de la ville. Entre les conducteurs en règle qui espèrent enfin voir disparaître la concurrence déloyale et les milliers d’autres qui opèrent en marge de la légalité, cette nouvelle phase s’annonce comme un test grandeur nature pour l’autorité municipale. Une chose est sûre : le maire Roger Mbassa Ndine joue une partie de son mandat sur cette promesse de reconquête de l’espace public.
Yimga Senga Paule Sandra
