Yaoundé – Une tempête médiatico-administrative secoue depuis plusieurs jours les travées du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf). En cause : une affaire foncière survenue dans le quartier d’Olembe, à Yaoundé, habilement instrumentalisée par un groupe de cadres frustrés. Sous couvert d’une prétendue affaire de corruption, ces « alarmistes » en quête de nominations tentent par tous les moyens d’amener le ministre Henri Eyebe Ayissi à sanctionner ses propres collaborateurs sur la base d’informations tronquées.

Tout part d’une procédure pourtant limpide. Le 16 juin 2025, le tribunal de premier degré de Yaoundé centre administratif a rendu un jugement ordonnant une attribution en compensation au profit d’un certain Monsieur Onguene Ateba Jean Nestor. Ce dernier s’est vu octroyer un immeuble non bâti sis à Olembe, d’une superficie de 1 292 mètres carrés. Les opérations de bornage de compensation se sont déroulées le 16 octobre 2025, sous l’autorité du géomètre assermenté Yene Junior, dont le travail a abouti à l’élaboration des procès-verbaux nécessaires à l’établissement d’un nouveau titre foncier. La transcription a ensuite été validement assurée par la conservatrice, Madame Ntsama Edwige. Jusqu’ici, rien que de très classique.

Sauf que, depuis la semaine dernière, un pamphlet soigneusement rédigé circule sur la toile, relayé par un activiste basé en Allemagne qui parle comme s’il était sur les lieux. Ce brûlot accuse nommément le délégué départemental du Mfoundi, Nna, récemment installé, et le chef de service cadastral du département, Mbassi Bidzanga, d’être au cœur de « tripatouillages » et d’un supposé partage d’argent. La charge est violente, l’intention claire : brocarder deux cadres fraîchement en poste, dont la seule « faute » est d’avoir hérité d’un dossier déjà instruit.

Une « erreur matérielle » immédiatement corrigée, mais exploitée par des langues de vipère

Selon nos recoupements, une erreur purement matérielle avait effectivement été relevée dans les données cadastrales – une simple inadvertance de saisie, immédiatement corrigée dès sa détection. Rien d’inhabituel dans un processus technique où le géomètre, être humain, peut laisser échapper une coquille. Pourtant, les pourfendeurs de l’ombre ont transformé cette banalité en « preuve » irréfutable de corruption.

Ces dénonciateurs, visiblement bien informés des rouages du Mindcaf, ne sont pas des lanceurs d’alerte désintéressés. Ils font partie de cette frange de fonctionnaires qui, depuis des années, attendent leur tour de nomination et voient dans la chute de leurs collègues une opportunité d’avancement. Leur stratégie est rodée : ils savant que le ministre Henri Eyebe Ayissi, réputé pour sa tolérance zéro face aux dérives, n’hésite pas à sanctionner rapidement les personnes indexées. En jouant sur sa sensibilité aux dénonciations, ces « cadres fantômes » espèrent provoquer un remplacement en cascade qui leur ouvrirait enfin les portes des postes tant convoités.

Une pauvreté intellectuelle et juridique affligeante

L’examen du pamphlet révèle une indigence confondante sur les questions foncières. Ses auteurs ignorent – ou feignent d’ignorer – que le rôle du délégué départemental et du chef de service cadastral se limite à transmettre le dossier à la hiérarchie avec l’ensemble des données produites par le géomètre assermenté. Ils ne sont ni concepteurs du bornage, ni décideurs de l’attribution. Accuser Nna et Mbassi Bidzanga de corruption revient à incriminer le facteur pour le contenu du courrier.

Pire, la cascade de commentaires approximatifs et de conjectures indignes de leur statut administratif décrédibilise ces pourfendeurs. Parler de « partage d’argent » sans la moindre preuve, alors que la procédure est documentée, contradictoire et validée par un juge, relève soit de la plus mauvaise foi, soit d’une méconnaissance crasse du droit foncier camerounais.

« Ce qui nous sidère, c’est cette volonté systématique de nuire à des collègues qui n’ont fait que suivre la procédure légale, nous confie une source interne au Mindcaf sous couvert d’anonymat. Le délégué Nna est arrivé, il a trouvé le dossier sur sa table, il l’a transmis. Point. Aucune décision discrétionnaire n’a été prise par lui ou par le chef de service cadastral. »

Le Mindcaf, nid de « fonctionnaires irresponsables » ?

Ce triste épisode met en lumière un mal plus profond qui ronge certaines directions du Mindcaf. Là où la rigueur et la transparence devraient primer, des agents sans scrupules passent leur temps à monter des dossiers contre leurs propres collègues, dans l’unique espoir d’obtenir une mutation ou une promotion. Leur arme favorite : la dénonciation anonyme, le pamphlet numérique, la rumeur en cascade.

Ces « mauvaises langues » n’ont qu’un objectif : tordre le cou aux usagers et à la hiérarchie pour se faire des trésors ou accéder au pouvoir. Ils savent que le ministre Eyebe Ayissi, dans sa lutte légitime contre la corruption, peut parfois être amené à remplacer rapidement des cadres mis en cause, sans attendre la manifestation de la vérité. C’est précisément cette célérité qu’ils exploitent.

Appel à la retenue et à l’assainissement

Si le Mindcaf veut assainir ses rangs, il devra désormais distinguer les vraies alertes des règlements de comptes déguisés. Dans l’affaire d’Olembe, il n’y a aucune corruption, aucune malversation, juste une erreur matérielle corrigée – et surtout une manipulation éhontée. En attendant, Nna et Mbassi Bidzanga, victimes d’un acharnement inique, attendent que leur ministre tranche. Les « alarmistes », eux, continuent de faire feu de tout bois, espérant que leurs mensonges finiront par emporter leurs cibles.

Une seule certitude : si le Cameroun veut un cadastre fiable, c’est ce genre de guérilla interne qu’il faut éradiquer. La vérité technique ne se décrète pas à coups de pamphlets venus d’Allemagne.

Henri Eténé

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