Yaoundé, 11 avril 2026 – À moins d’un mois du lancement officiel du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), le Cameroun a franchi une étape décisive. Le Comité technique des activités mutualisées a tenu ce mardi sa huitième session à Yaoundé, sous la présidence du secrétaire général du MINEPAT, Jean Tchouffo, en présence des plus hauts responsables de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage. L’objectif : valider les ultimes manœuvres opérationnelles d’une entreprise d’envergure historique.
Un déploiement massif et inédit
Au cœur du dispositif, un chiffre impressionnant : plus de 355 000 agents recenseurs sont actuellement en formation intensive à travers l’ensemble du triangle national. Jamais le Cameroun n’avait mobilisé une telle force de frappe humaine pour une opération statistique. Ces agents, bientôt déployés sur le terrain, auront pour mission de collecter des données précises sur la population, les logements, mais aussi, pour la première fois couplée, sur les activités agricoles et pastorales.
« Ce recensement est unique par son ampleur et sa portée. Il ne s’agit plus seulement de compter les habitants, mais de comprendre comment ils vivent, se logent, produisent et se déplacent », a insisté Jean Tchouffo en ouverture des travaux.
La mutualisation, clé de voûte de l’efficacité
Conformément aux instructions du Premier ministre Joseph Dion Ngute, la mutualisation des ressources a été le fil rouge de cette préparation. En rassemblant les moyens humains, financiers et logistiques du MINEPAT, du ministère de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage, l’exécutif entend maximiser l’efficacité budgétaire tout en évitant les doublons. Cette approche intégrée a permis d’accélérer la finalisation des outils numériques de collecte, avec l’appui technique de partenaires de premier plan tels que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les tablettes et terminaux mobiles, dont le déploiement sécurisé a été validé lors de cette session, permettront une remontée des données en temps réel, réduisant les délais d’exploitation à quelques mois au lieu d’années auparavant.
Des zones autrefois sensibles désormais accessibles
Autre avancée majeure : grâce à des mesures sécuritaires renforcées et à une coordination avec les forces de défense, le recensement couvrira cette fois des zones longtemps inaccessibles, notamment dans les régions anglophones en voie de pacification et certaines zones frontalières. Cette inclusion garantira une photographie enfin exhaustive du territoire.
Une pierre angulaire pour l’émergence 2035
Au-delà de l’exploit logistique, ce RGPH se veut le prélude indispensable à la refonte des politiques publiques. En fournissant une cartographie précise des besoins en logements, des infrastructures de base (eau, électricité, santé, écoles) et du potentiel productif des ménages agricoles, il orientera chaque investissement public vers les véritables lacunes.
« Sans données fiables, pas de planification efficace. Ce recensement est la pierre angulaire de notre stratégie nationale. Il garantira que les fonds publics aillent là où les besoins sont les plus criants, accélérant ainsi la route du Cameroun vers l’émergence en 2035 », a conclu Jean Tchouffo.
Le coup d’envoi officiel des opérations de terrain est attendu dans les prochaines semaines. D’ici là, les 355 000 agents acheveront leur formation, prêts à sillonner villes et campagnes pour écrire une nouvelle page de l’histoire statistique camerounaise.
Emmanuel Ekouli
