Buea, 8 avril – Il était à peine 7h30 ce mercredi matin lorsque l’amphithéâtre principal de l’Université de Buea a ouvert ses portes à une centaine d’étudiants venus d’horizons divers. Au programme : une immersion dans les technologies de l’énergie renouvelable, organisée par l’Association des Scientifiques Africains pour l’Innovation et l’Entrepreneuriat (ASIE). Sous la coordination du Dr Mwebi Ekengoue Clautaire, épaulé par Fotso Vincent de Paul, Diffo Jires et Boyoko Barandja, cette première édition a rassemblé près de 150 participants, tous avides de comprendre comment le soleil peut devenir le moteur du développement africain.

Placée sous le thème « Technologie de l’énergie solaire et applications pratiques », la formation a permis aux étudiants de la Faculty of Engineering and Technology (FET) et d’autres filières de découvrir des avancées de pointe. Au cœur des discussions : l’intégration de l’intelligence artificielle pour optimiser la production d’énergie solaire, ainsi que des cas concrets d’applications renouvelables en milieu urbain et rural. Loin des cours magistraux classiques, les échanges ont été rythmés par des démonstrations pratiques et des analyses de données en temps réel.

Pour animer cette session, les organisateurs ont fait appel à un panel d’experts de renom : Dr Fendji Marie Danielle, Dr Musong Louis, Djimeli Paulin Marvel et Ateke Fidelis. Chacun a partagé son expérience de terrain, insistant sur un point crucial : l’énergie solaire n’est pas une simple alternative, mais une solution clé pour répondre aux besoins énergétiques criants du continent. « Nous formons aujourd’hui ceux qui construiront l’Afrique de demain. Sans énergie propre, pas d’industrialisation durable », a martelé l’un des intervenants sous les applaudissements.

L’événement a bénéficié du haut patronage du professeur Ngono Horace Manga, recteur de l’Université de Buea, et du soutien actif d’Agbor Dieudonné, doyen de la FET. Dans son allocution d’ouverture, le recteur a salué une initiative qui s’inscrit parfaitement dans la vision de l’université : former des ingénieurs et des entrepreneurs capables de relever les défis énergétiques locaux. « L’avenir est aux énergies propres, et Buea entend bien y prendre sa part », a-t-il souligné.

La réussite de cette formation doit aussi beaucoup à un réseau de partenaires techniques et financiers : Prusch Service, Prosofor Afrique, Ceprited, LEC, ABAC, Liah Academy, Taku Energy, Remote Energy, sans oublier l’Université de Buea et la FET elle-même. Leur appui a permis de fournir du matériel pédagogique, des kits solaires et des supports numériques aux étudiants.

À l’issue des travaux, les participants n’ont pas caché leur enthousiasme. « J’ai appris comment l’IA peut prédire l’ensoleillement et ajuster la production. C’est une compétence que je veux appliquer dans mon village natal », confie Michelle, étudiante en génie électrique. Nombreux sont ceux qui ont demandé que ce type d’initiatives soit reconduit régulièrement, voire intégré au cursus officiel.

En quelques heures, l’Université de Buea a fait un pari audacieux : prouver que la jeunesse camerounaise est prête à s’approprier les technologies vertes. Avec cette première édition réussie, c’est tout un écosystème qui s’éveille à l’énergie renouvelable. Et si l’on en croit les sourires et les carnets de notes remplis, un avenir prometteur s’annonce sous le soleil du Sud-Ouest camerounais.

Vincent Fotso

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