L’Union des Journalistes Ivoiriens en France(UJIF) organise une élection à sa présidence qui se tiendra le samedi 16 mai 2026 à Paris. Plusieurs journalistes ivoiriens en France seront candidats. Parmi les chevaliers de la plume et du micro, il y a Mme Tikishia Thérèse Digbeu-Guigui, journaliste d’expérience depuis 1994 qui a exercé dans plusieurs magazines aussi bien à Paris qu’à Londres. Elle a accepté de répondre aux questions du journal camerounais La Voix du Centre. Voici la quintessence de notre entretien.

Mme Tikishia Thérèse Digbeu-Guigui, vous êtes une journaliste ivoirienne et candidate à la présidence de l’Union des Journalistes Ivoiriens en France. Tout d’abord, pourriez-vous donner un petit aperçu de votre personne ?
Merci beaucoup cher confrère de me donner l’occasion de me présenter aux lectrices et lecteurs du journal camerounais La Voix du Centre dont vous êtes correspondant en France à l’occasion de ma candidature à la présidence de l’Union des Journalistes Ivoiriens en France ou l’UJIF. Mon nom est Tikishia Thérèse DIGBEU-GUIGUI. Je suis journaliste depuis 1994. J’ai travaillé pour plusieurs magazines à Paris et à Londres, notamment Les Nouvelles de la Francophonie, Francophonie actualités, la Radio RVVS 96.2 de 2011 à 2014 en France. Par ailleurs, j’ai été rédactrice en chef et co -créatrice du magazine Ivoire info de 1994 à 2002 sans oublier que j’ai été aussi pigiste pour plusieurs autres parutions.

Actuellement, je suis éditorialiste au magazine londonien Afriqu’Essor avec lequel je collabore depuis les années 2000 comme directrice de rédaction. Et comme en France, le journalisme ne nourrit pas trop son homme, je suis également fonctionnaire de l’éducation nationale. Quant à ma formation, j’ai une Licence en Relations internationales et une Maitrise en journalisme et information option presse écrite de l’école supérieure de communication de Paris. Diplômes obtenus en 1993 et1994.

Qu’est-ce qui a motivé votre décision de briguer la présidence de l’Union des Journalistes Ivoiriens en France ?
Je veux être présidente de l’UJIF pour apporter du sang neuf à notre corporation qui est sous perfusion depuis les dernières élections de 2019. Dès que je serai élue, j’apporterai à mes consœurs et confrères, plus de stabilité dans la profession en leur proposant des modules de formations et du recyclage avec les écoles de journalisme de France. Je signerai des partenariats concrets. Ce sera ma priorité.

Ensuite, j’engagerai avec mon équipe, un travail de fond pour recenser tous nos confrères jeunes et vieux en situation de précarité en termes de papiers pour les aiguiller vers les structures adéquates. Enfin, pendant mon mandat, aucun journaliste ne sera laissé au bord du chemin quel que soit sa situation. Je serai à l’écoute des uns et des autres et toujours disponible.

Votre slogan de campagne, c’est Rassembler, Apaiser et Rayonner. Qu’est-ce qui a motivé le choix de ces trois verbes d’une importance majeure dans la perspective du succès de toute organisation ?
Je veux rassembler parce que depuis 2019 date de la dernière élection qui a mis mon confrère Jean Paul Oro à la tête pour deux ans, donc jusqu’à 2021, il n’y a plus eu d’élections. Nous sommes en 2026 et toujours pas d’élections, ce qui a semé la division. Donc, je voudrais rassembler tous les mécontents, les frustrés et les découragés.
Il faut également apaiser les uns et les autres parce le président Oro étant resté plus de 5 ans sans élections, cela a suscité beaucoup de colères et d’incompréhensions. Enfin rayonner, parce que je veux porter le flambeau de notre Union aussi loin que possible, en France, en Europe et aussi en Côte d’ivoire. Ces verbes ont été choisis parce qu’ils reflètent l’état de notre corporation actuellement. Lorsque je serai élue le 16 mai, avec mon équipe, nous prendrons de belles initiatives pour booster notre Union.
Au-delà du journalisme, vous êtes aussi fonctionnaire de l’éducation nationale en France.

Est-ce à dire que vous avez aussi la nationalité française ?
Je suis arrivée en France relativement jeune. J’ai passé plus d’année dans ce pays que dans mon pays d’origine. Je suis Française depuis plus de vingt ans. On va dire que je suis ivoiro-française comme beaucoup de mes compatriotes.

Comment réussissez-vous à concilier avec beaucoup de facilité et de réussite également à la fois votre vie professionnelle de journaliste et de fonctionnaire de l’éducation nationale?
Justement j’ai choisi de venir dans l’éducation nationale lorsque j’ai commencé à avoir des enfants. Dans le système éducatif français, il y a six semaines de cours et deux semaines de vacances sans compter les grandes vacances.

Je m’organise comme ça depuis longtemps. Et je travaille beaucoup le soir lorsque je rentre. Je profite des vacances pour voyager et les week-ends pour faire mes interviews. En plus, je suis bien équipée donc de chez moi, je fais pratiquement tout.

Quels sont les rapports entre l’UJIF et la mission diplomatique ivoirienne en France ainsi que les autorités gouvernementales de Côte d’Ivoire après de vives tensions des leaders politiques lors des dernières élections présidentielles au pays ?
L’Ujif est une association apolitique. Chaque journaliste a sa sensibilité politique qui normalement ne doit pas déteindre sur notre corporation. Il y a vraiment aucune ambiguïté là-dessus. Les relations entre les journalistes ivoiriens en France et les autorités ivoiriennes sont apaisées. Il n’en demeure pas moins que parmi nous, il y a des réfugiés politiques. Avec l’ambassade en France, les relations sont cordiales et les journalistes sont invités lorsque des autorités séjournent en France pour des conférences ou des salons. Beaucoup de nos confrères sont des correspondants de leurs canards en France. Ils ont besoin des infos de l’ambassade pour faire leur travail. L’attachée de presse de l’ambassade sait bien communiquer, une vraie pro.

Quels sont les rapports de l’UJIF avec les autres organisations de journalistes en France à l’exemple de l’UPF, le Club de la Presse Française ?
Parmi les fondateurs de l’UJIF, il y a le vice-président de l’UPF France, Yao Clément, journaliste émérite. Pour dire que nous avons d’excellentes relations avec l’Union de la presse francophone dont je suis membre depuis 1994, du temps de M. Gros.

Avec le Club de la presse française, nous avons eu de bons rapports lorsqu’il était au Méridien Montparnasse parce que j’ai assisté à des conférences organisées par l’Ujif dans leurs locaux dans les années 2010. Lorsque je serai élue, je signerai un partenariat avec le Press Club de France afin que nos journalistes côtoient le gratin de la presse française.

Je signerai aussi des partenariats avec les associations des journalistes camerounais en France et je suis sûre qu’avec eux, nous ferons de belles et grandes choses pour l’édification de nos confrères et consœurs, parce que les journalistes camerounais sont parmi les meilleurs de la place.

Propos recueillis à Paris par Ferdinand Mayega

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